Les " ordonnances ""
Genève : Calvin avait été expulsé de Genève en 1538 parce qu'il était entré en conflit avec les magistrats de la cité. Ceux -ci refusait de faire intervenir les pouvoirs séculiers dans des affaires religieuses et d'appliquer la peine civique du bannissement dans les cas d'hétérodoxie. Dans l'intervalle, rédigeant la version française de l' « institution de la religion chrétienne », Calvin avait réaffirmé vigoureusement la nécessité de la discipline, tant en matière dogmatique que dans le domaine ecclésiastique. Il insistait aussi sur l'indispensable solidarité de l'Église et de l'État, et sur la nécessité de combattre avec sévérité les ennemis du dehors et du dedans. Le 13 septembre, en proie à d'interminables discordes, Genève rappelle Calvin. Le réformateur ne consent à revenir qu'à condition que les autorités civiles acceptent l'établissement de cette discipline qu'elles lui avaient refusée. En trois jours, Calvin rédige les « Ordonnances ecclésiastiques ». Votés dès le 20 septembre par trois Conseils genevois, elles sont aussitôt mises en application. Calvin traite d'abord la question des ministères ecclésiastiques, des pasteurs, des docteurs, des anciens et des diacres. Les pasteurs sont nommés par le gouvernement, auquel revient également la responsabilité de veiller sur leur orthodoxie. L'ordre des docteurs constitue le Département de l'instruction publique de Genève ; là encore, les professeurs sont nommés par le pouvoir politique. Les anciens sont chargés de la police des moeurs. Les diacres, qui constituent le quatrième ordre, ont une tâche d'assistance publique, la lutte contre la mendicité et les fonctions hospitalières. L'ordre moral le plus strict et le conformisme religieux le plus exact devront régner dans la cité. Calvin examine ensuite dans le détail un certain nombre de points particuliers : la réglementation du mariage, les cérémonies funéraires, l' instruction religieuse des enfants le catéchisme, etc. Les « Ordonnances ecclésiastiques » font de la République genevoise un État où l'ordre spirituel et l'autorité temporelle sont si étroitement imbriqués qu'ils en viennent à se confondre.
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