Naissance impressionnante !
Jean Renoir, second fils du peintre impressionniste Pierre-Auguste Renoir, né à Montmartre, en 1894 est un réalisateur, producteur, scénariste et metteur en scène français à l'inspiration très éclectique et au style mariant la fantaisie et l'insolence au réalisme le plus familier. Son Suvre, longtemps incomprise et mésestimée, apparaît aujourd'hui comme l'une des plus admirables du cinéma français. Après des études médiocres, son service pendant la grande guerre comme aviateur, en 1920, il épousa l'un des modèles de son père, Andrée Heuchling, et s'installa comme céramiste. La sortie, en 1921, du film d'Erich von Stroheim " Folies de femmes " (Foolish Wives) décida de la suite de sa carrière. Son premier long-métrage, la " Fille de l'eau " (1924), était une fable bucolique impressionniste. L'accueil mitigé réservé au film ne découragea pas le cinéaste. Il se lança dans une production coûteuse, " Nana " (d'après Émile Zola, 1926), puis dans une série de réalisations aux inspirations très diverses " la Petite Marchande d'allumettes " d'Andersen, " Tire-au-flanc ", comédie militaire, " On purge Bébé ", d'après Feydeau , mais sans succès not oire. " La Chienne " (1931) marqua un tournant dans l'Suvre de Jean Renoir. Film parlant, adapté d'un roman de Georges de La Fouchardière, la Chienne offrait à Michel Simon l'un de ses plus beaux rôles celui d'un petit-bourgeois jaloux, assassin et veule. Après " la Nuit du carrefour " (d'après Simenon, 1932), dans lequel Pierre Renoir interprétait le commissaire Maigret, le réalisateur tourna une série impressionnante de chefs-d'Suvre : " Boudu sauvé des eaux " (avec, de nouveau, Michel Simon, 1932), " le Crime de M. Lange " (avec Jules Berry, 1935), " Une partie de campagne " (1936, sorti en 1946) et " les Bas-fonds " (avec Louis Jouvet, 1936). Puisant son inspiration dans les romans de Gorki ou dans les nouvelles de Maupassant, Jean Renoir fit preuve d'un sens aigu du réel, qu'il mit au service d'un véritable naturalisme poétique. Lié au groupe Octobre, ses collaborateurs (Jacques Prévert, Roger Blin) donnèrent à sa production une dimension très politique, favorable au Front populaire ("La vie est à nous" et "le Crime de M. Lange" qui allait ouvrir la voie au néoréalisme italien. Avant la Seconde Guerre mondiale, Jean Renoir essaya, avec la " Grande Illusion " (1937), de promouvoir un message de paix, faisant tourner, en manière d'hommage, son père spirituel Erich von Stroheim aux côtés de Jean Gabin. Dans " la Bête humaine " (1937), il s'efforça de mettre en scène les enjeux sociaux de l'époque. Dans son chef-d'Suvre, " la Règle du jeu " (1939), il prévoyait l'effondrement des valeurs humanistes et brossait un tableau sans complaisance des mSurs de la société française. L'Suvre témoigne d'une nouvelle appréhension de l'espace cinématographique, aussi bien dans le découpage de l'espace que dans le montage discontinu du temps de l'action. Exilé aux États-Unis en 1940, Jean Renoir prit la nationalité américaine. S'il s'adapta difficilement au système hollywoodien, il réalisa néanmoins plusieurs Suvres de commande, notamment des films de propagande (Vivre libre / This Land is Mine, avec Charles Laughton, 1943 ; Salut à la France / A Salute to France, 1944) et des adaptations littéraires ("Journal d'une femme de chambre" / The Diary of a Chambermaid, d'après Octave Mirbeau, 1946), avant de partir en Inde tourner "le Fleuve" (The River, 1951), film en couleurs, contemplatif et serein, d'un humanisme parfois désenchanté mais qui eut une influence durable sur le cinéma indien lui-même. De retour en Europe au début des années 1950, Jean Renoir tourna encore le " Carrosse d'or " (d'après Prosper Mérimée, 1952), " French Cancan " (avec Jean Gabin et Françoise Arnoul, 1955), " Elena et les Hommes " (avec Ingrid Bergman et Jean Marais, 1956) et " le Caporal épinglé " (d'après Jacques Perret, 1962). Rencontrant des difficultés de plus en plus importantes à produire ses films, il se tourna vers la télévision (" le Petit Théâtre de Jean Renoir ", 1969-1971) et se consacra plus largement à l'écriture. Il publia un livre sur son père, " Renoir, mon père " (1962), son autobiographie, " Ma vie et mes films " (1974), un essai (" Écrits " 1926-1971, 1974), quelques pièces de théâtre (" Orvet ", 1955) ainsi que plusieurs romans ("Cahiers du capitaine Georges", 1966 ; " le Crime de l'Anglais ", 1979). En 1970, il prit sa retraite à Beverly Hills, où il mourut en 1979.
Cam.
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