Le typhon Marge tue 900 habitants et détruit 150.000 habitations sur la côte orientale de l'île de Hainan.
Au-delà du fait divers impitoyable qui rappelle que dans ces régions voisines du Pacifiques, la nature est très agressive et meurtrière, on peut s'interroger sur cette île, dont le statut d'autonomie est assez rare en Chine. De fait elle devait concurrencer TaïWam et Hpng-Kong pour attirer la technologie capitalistes et les capitaux du monde entier. L'île de Hainan est située entre le golfe du Tonkin, à l'ouest, et la mer de Chine méridionale, à une vingtaine de kilomètres du continent chinois. Autrefois rattachée administrativement à la province du Guangdong, Hainan est devenue en 1983 la plus grande zone économique spéciale et, en avril 1988, la plus petite province chinoise (34 300 km²). Hainan propose des traitements préférentiels et des baux de 70 ans sur les terrains pour faciliter le transfert de technologies et de capitaux étrangers dans l'industrie lourde et l'électronique, dans le but de concurrencer Taiwan. La capitale provinciale est Haikou, au nord (200.000 hab. en 1990). Un quart de cette île, essentiellement formée de massifs granitiques bordés de coulées basaltiques, est situé au-dessus de 500 mètres d'altitude et culmine au Wuzhishan (1.879 m). Le climat est quasi tropical au nord et tropical au sud, avec de grandes salines au sud-ouest, à Yinggehai. L'orientation nord-est - sud-est de la chaîne des Limuling détermine l'inégale répartition des précipitations : le centre de la côte est, qui est soumis aux pluies de l'alizé du nord-est, en hiver, ainsi qu'à la mousson et aux pluies de typhons, en été, reçoit en moyenne deux fois plus de précipitations (2 000 mm) que l'extrémité de la côte ouest ; d'où la construction de réservoirs dans les montagnes. S'ils compensent parfois la sécheresse, les typhons peuvent aussi être très destructeurs. Le 14 septembre 1973, le typhon Marge fit plus de 900 morts et détruisit plus de 150 000 maisons sur la côte est. Les températures moyennes varient de 18 °, en janvier, à 30 °, en juillet. La population, 6,5 millions d'habitants en 1990, est inégalement répartie : constituée surtout de Fujianais, qui vivent sur les côtes nord et nord-est (de 300 à 400 hab./km²), elle compte des minorités ethniques qui vivent dans les montagnes et sur les côtes méridionales (moins de 100 hab./km2). Outre les Li, les plus nombreux, et les Miao, on rencontre des Hui (musulmans) et des Zhuang. Zone stratégique, l'île abrite des bases militaires. Les cultures tropicales de plaines furent développées par les Japonais, puis, à partir de 1960, par des colons chinois venus d'Asie du Sud-Est. À la fin des années 1980, l'agriculture était surtout pratiquée sur les plateaux, les terrasses du Nord et sur les collines du Sud, grâce à l'importance de la période végétative et de la surface cultivable. Le paddy (deux, voire trois récoltes annuelles) est la première culture vivrière. Les Li et les Miao pratiquent encore des cultures itinérantes sur brûlis. Les plantations les plus importantes sont les hévéas, les cocotiers, les poivriers et les anacardiers. On a aussi développé les plantations de canne à sucre, de sisal, de café, de cacao, de thé, d'arbres fruitiers tropicaux (généreux jaquiers, bananiers, manguiers, ananas), dont les fruits sont exportés et d'autres palmiers (à huile, aréquiers). On cultive du colza et des légumes en hiver. La pêche et la culture des perles sont également des ressources appréciables. Hainan dispose d'abondantes réserves minérales. Le gisement de fer de Shiliu, relié au port de Basuo (Dongfang), sur la côte ouest, par la ligne de chemin de fer qui rejoint Sanya, fut mis en valeur par les Japonais au cours de la Seconde Guerre mondiale. C'est une des plus grandes mines de fer à ciel ouvert de Chine, avec les réserves les plus importantes d'Asie, grâce à des conditions géologiques exceptionnelles (hématite à 63% de teneur). Shiliu produit également du cobalt, de l'uranium et du cuivre. D'autres réserves existent : schistes bitumineux, calcaire, lignite, quartz, bauxite, titane à l'est (plus de 70 % des réserves chinoises), aluminium, chrome, cuivre, or et terres rares, gisements de pétrole offshore. La production industrielle a augmenté, en moyenne, de 20 % par an, de 1983 à 1987, partant, il est vrai, d'un niveau assez bas. Près de 70 % de cette production sont réalisés par des industries légères de Haikou. Imitant Taiwan, Hainan a aménagé des zones de transformation pour l'exportation à Haikou, Sanya et Yangpu, port franc en eau profonde, qui accueille des bateaux de 10 000 tonnes. Le développement de l'île est cependant gêné par l'indigence de ses infrastructures et la généralisation de la corruption. Les efforts portent sur l'amélioration des routes, du chemin de fer, l'agrandissement des ports, l'amélioration des télécommunications et la multiplication des vols reliant Haikou et l'aéroport international Fenghuang de Sanya à Hong Kong, à Singapour et au continent. Le tourisme, prioritaire, a pris son essor grâce aux plages coralliennes de Sanya, dans le Sud, et aux aménagements réalisés par des sociétés de Hong Kong, d'où viennent la majorité des touristes. Mais plus que la déforestation due aux brûlis, c'est l'exploitation des hydrocarbures qui risque de compromettre la beauté des sites touristiques.
Cam.
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