Enfin, une reconnaissance officielle !
Depuis 1967, Israël découvre le problème palestinien. Une partie des réfugiés sont sous administration militaire israélienne, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les États arabes vont encourager la transformation de l'O.L.P. en une organisation plus active. Celle-ci apparaît dès lors comme un organisme politique reconnu par de nombreux États, alors qu'Israël refuse tout contact et préconise la solution de l'autonomie personnelle. Les accords de Camp David paraissent déjà loin. L'un d'eux prévoyait la mise en place d'une structure d'autonomie, mal définie. La Jordanie devait d'ailleurs être associée au processus de mise en place du système, mais elle refusa. De plus, la conception étroite de l'autonomie que présentera Menahem Begin fera échouer le projet et, très rapidement, les négociations seront interrompues. La crise provoquée par la guerre du Liban paralyse dès lors l'ensemble. Cependant, le gouvernement de Menahem Begin poursuit son dessein : assurer la protection de la Galilée, mais aussi briser l'O.L.P., pour parvenir à une solution au Liban, puis en Jordanie. La situation d'Israël devient alors délicate. Isolé diplomatiquement, l'État hébreu s'appuie avant tout sur les États-Unis qui, de façon très marquée, se sont montrés de plus en plus hostiles à la politique menée par Menahem Begin au Liban. Cependant, il faut bien comprendre qu'il y a des limites à l'appui américain, comme il y a des limites à la pression que les États-Unis peuvent exercer sur Israël. Le soutien américain, s'il fut à l'origine dicté surtout par des motifs idéologiques et presque mythiques (la création de l'État d'Israël ressemblait à celle des États-Unis à la fin du XVIIIème siècle), ne cessera de se renforcer de manière spectaculaire. Ce processus repose d'abord sur le soutien que l'U.R.S.S. commença à manifester aux États arabes : le conflit, dès lors, s'inscrivait dans le contexte général de la guerre froide. Plus tard, les États-Unis pourront considérer Israël comme un point d'appui particulièrement digne de confiance, en particulier lorsque l'Iran basculera avec la chute du shah. Depuis 1987, l'attention est centrée sur la révolte palestinienne dans les territoires occupés (Intifada) qui, en un peu plus de cinq ans, a déjà entraîné la mort de plus de mille civils palestiniens. Après de nombreuses hésitations, le gouvernement de droite d'Itzhak Shamir (issu des élections de 1988) avait accepté d'engager un dialogue avec les représentants des Palestiniens, à partir de la conférence de Madrid (oct. 1991). Ce dialogue n'avait pas permis de progrès substantiels, l'offre israélienne paraissant trop limitée aux Palestiniens qui exigent l'indépendance. Il reprit, avec quelques nouveaux espoirs, après l'arrivée de la gauche au pouvoir (juin 1992), et l'on vit même s'instaurer une certaine euphorie à ce sujet. Le 13 sept. 1993, à la surprise générale et à la faveur de négociations ultrasecrètes, le gouvernement d'Itzhak Rabin et l'O.L.P. parvenaient à la signature d'un accord encore modeste précédé d'un échange de lettres de reconnaissance réciproque (datées du 9 septembre 1993). Le nom officiel de cet accord, Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d'autonomie, dissimule quelque peu ses vastes ambitions. En effet, l'accord traite avant tout, concrètement, de la mise sur pied d'une autonomie transitoire de la bande de Gaza et d'un secteur (encore à définir) autour de Jéricho, devant mener progressivement, en cinq ans, à une autonomie générale de l'ensemble de la Cisjordanie. Mais l'accord prévoit surtout que, très rapidement, s'engagera une vaste négociation qui s'inscrit dans le processus de paix global. Les Palestiniens et les Israéliens, dès le préambule de l'accord, reconnaissent " leurs droits légitimes et politiques mutuels ". Dès lors, une véritable course de vitesse s'engageait : d'un côté, les négociateurs israéliens et palestiniens essayaient de concrétiser l'accord ; d'un autre côté, les adversaires de l'accord, en Israël (notamment les colons) et chez les Palestiniens (en particulier les intégristes du Hamas) tentaient de créer des situations de crise de nature à bloquer l'évolution de la négociation. L'accord du 13 septembre n'est pas sans avoir des répercussions sur l'ensemble du processus de paix déclenché à Madrid en octobre 91 (avec la Jordanie, la Syrie et le Liban). S'agissant des contacts avec la Jordanie, il est plus que probable qu'un traité de paix sera rapidement trouvé. Du coup, la Syrie, principal adversaire d'Israël, porte-flambeau traditionnel du nationalisme arabe et du Front du refus, semble complètement isolée (le Liban, qui n'a pas de contentieux réel avec Israël, ne pourra signer un traité sans l'accord de la Syrie). Il est vrai que, pour la majorité des Israéliens, le plateau du Golan qui surplombe la Galilée, cette partie de la Syrie occupée depuis 1967, représente un enjeu aussi important, sinon davantage, que la Cisjordanie. Il faut rappeler que le processus de paix se déroule sur 2 axes : un : les différentes négociations bilatérales ; deux : une vaste négociation multilatérale portant sur des sujets aussi divers que les réfugiés, l'environnement, l'eau.
Cam.
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