LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


13 SEPTEMBRE


1321


Mort du célèbre humaniste et poète de la Renaissance Italienne, Dante Allighieri.

Dante Alighieri naquit à Florence en fin mai 1.265. A 13 ans, il perd sa mère. A 17 ans, son père. Ce qui explique probablement sa grande sensibilité. L'événement le plus important de sa jeunesse fut sa rencontre, en 1274, avec Béatrice, jeune femme qu'il aima et qu'il exalta comme un symbole de la grâce divine dans la Vita nuova ("la Nouvelle Vie") et plus tard dans la " Divine Comédie ", son Suvre la plus connue. Célèbre par ce prénom emblématique, celle qui inspira Dante ne possède pas d'identité historique certaine, mais des chercheurs l'ont identifiée à Beatrice Portinari, une noble florentine qui mourut en 1290 âgée de vingt ans. Selon ses Suvres, Dante ne la connaissait pas ! Il l'aperçut seulement à 3 reprises, sans jamais lui adresser la parole. On sait peu de choses sur son éducation. Il fit ses études supérieures à Bologne aux environs de 1285. Mais son Suvre révèle une érudition telle qu'elle couvre presque tout le savoir de son époque. Il fréquenta nombre de poètes et philosophes (que l'on retrouve dans sa " Divine Comédie ") et se lia en particulier avec Guido Cavalcanti et Cino de Pistoia. Florence était alors une des cités les plus puissantes de l'Italie, mais divisée par des conflits de pouvoir entre les partisans de deux puissantes familles, les Guelfes (partisans du Pape) et les Gibelins (de l'Empereur). À cette époque, Dante épousa Gemma Donati, qui était issue d'une famille guelfe jouissant d'une position très importante à Florence. Dante fut d'abord partisan des guelfes mais suite aux excès, ses positions évoluèrent. En mars 1302, alors que le poète était en mission à Rome auprès du pape, les Guelfes le bannirent de la ville pour une durée de 2 ans et le condamnèrent à une lourde amende. Comme Dante était dans l'impossibilité de régler la somme demandée, la sanction fut commuée en peine de mort s'il revenait dans sa ville natale. Après cet épisode, Dante garda à tout jamais le sentiment d'avoir été abusé par Boniface VIII. Il passa ses années d'exil à Vérone, ainsi que dans d'autres villes du nord de l'Italie, mais aussi à Paris entre 1307 et 1309. Ses convictions politiques se modifièrent : embrassant finalement la cause des gibelins, il espérait désormais voir émerger une union européenne gouvernée par un empereur éclairé, Henri VII de Luxembourg. Mais la mort de l'Empereur réduisit ses aspirations à néant.. En 1316, les autorités de Florence proposèrent au poète de regagner la cité, mais les conditions offertes étaient celles généralement réservées aux criminels amnistiés. Dante refusa violemment cette proposition, affirmant qu'il ne reviendrait dans sa ville natale qu'avec toute la dignité et tous les honneurs qui lui étaient dus. De fait, il demeura en exil jusqu'à la fin de sa vie, et passa ses dernières années à Ravenne, où il mourut dans la nuit du 13 au 14 septembre 1321. Depuis, Ravenne ne s'est jamais dessaisie de ses restes, malgré la volonté des Florentins de le voir inhumé en leur cité. À défaut, sa ville natale a élevé dans l'église de Santa Croce un cénotaphe à sa mémoire. La Divine Comédie a été commencée aux environs de 1307, pendant l'exi,l et achevée peu avant sa mort. Son titre initial était Comédie ! Le choix paradoxal de ce terme pour évoquer le monde des morts vient de ce que le périple raconté ici se termine au paradis, trouvant ainsi une fin heureuse : le parcours atteint son apogée dans la vision de Dieu et dans la dissolution totale de la volonté individuelle. C'est dans l'édition de 1555 qu'on ajouta pour la première fois au titre l'adjectif " divine ". Ce récit allégorique en vers, empreint d'une grande puissance dramatique, relate le voyage imaginaire qui conduisit le poète en enfer, au purgatoire et au paradis. Ces trois lieux fournissent d'ailleurs la structure de l'ouvrage, puisque celui-ci est divisé en trois parties : Enfer, Paradis et Purgatoire. Dans chacun de ces trois mondes, le poète rencontre des personnages mythologiques, historiques ou des contemporains : chacun symbolise une faute ou une vertu spécifique, religieuse ou politique. Le poète décrit avec minutie les punitions qui sont infligées aux pécheurs et les récompenses décernées aux vertueux. C'est Virgile, symbole ici de la raison, qui guide Dante en enfer et au purgatoire, mais c'est Béatrice, manifestation et instrument de la volonté divine, qui entraîne le poète au paradis. L'univers y est saisi dans sa totalité, de l'infime à l'incommensurable, du naturel parfois trivial au surnaturel souvent stupéfiant : la Divine Comédie est un tout. Chaque partie de la Divine Comédie comprend trente-trois chants composés de tercets aux rimes particulières. Il écrit en Italien, la langue de ses contemporains, et pas en latin, langue qu'il jugeait passéiste, et en outre réservée aux lettrés. L'ouvrage fournit un résumé des conceptions politiques, scientifiques et philosophiques de l'époque interprétées par Dante, et peut être lu à quatre niveaux : littéral, allégorique, moral et mystique. Il est vrai aussi que la Divine Comédie demeure extraordinaire parce qu'elle met en scène la théologie chrétienne médiévale, mais sa grandeur réside davantage dans la pluralité de ses significations que dans la dimension magistrale de ses qualités théologiques, poétiques et dramatiques. Dans son interprétation la plus générale, le voyage imaginaire de Dante peut se concevoir comme une allégorie de la purification des âmes, menant à la paix intérieure grâce aux pouvoirs de la raison et de l'amour, qui servent de guides tout au long du cheminement. Avant même le XVème siècle, de nombreuses villes italiennes mirent en place des chaires universitaires entièrement consacrées à l'étude de la Divine Comédie. Au cours des siècles qui suivirent, l'invention de l'imprimerie permit de réaliser plus de quatre cents éditions italiennes de l'Suvre. Aujourd'hui, la Divine Comédie a été traduite en plus de vingt-cinq langues. Le poème, par sa puissance d'évocation, inspira particulièrement les artistes : ainsi parurent des éditions luxueuses, illustrées par de très grands peintres italiens tels que Botticelli ou Michel-Ange et plus près de nous Eugène Delacroix ou Gustave Doré. De grands compositeurs s'y intéressèrent également : Rossini et Robert Schumann mirent en musique plusieurs parties de l'Suvre et Franz Liszt en fit le sujet d'un poème symphonique. Le chef-d'Suvre de Dante et son imagerie ont imprégné les Suvres de très nombreux poètes, notamment celles d'Ezra Pound, de T. S. Eliot, de Gabriele D'Annunzio, de Paul Claudel et d'Anna Akhmatova. Autant d'auteurs grâce à qui les multiples aspects de la Divine Comédie ne cessent de s'enrichir de nouvelles interprétations.

Cam.

Remerciements à Cam


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