La mort de Mao Tsé Toung.
Le Maoïsme, qui avait tant déçu ses meilleurs partisans, ne lui survivra guère. En 1958, Mao met en Suvre le Grand Bond en avant, une tentative de remplacement de l'État bureaucratique par un système de communes locales autonomes (référence à la Commune de Paris de 1871). La vie en commun fut généralisée, et la différence entre villes et campagnes, unies par la même idéologie, était appelée à disparaître. Ce programme se solda par de graves déconvenues. La plupart des grands projets d'infrastructures échouèrent, et la famine réapparut. La rupture avec l'URSS, en 1960, accentua encore l'isolement du pays. Mao dut quitter la tête de l'État en 1959. Les dirigeants communistes désabusés en revinrent à une politique pragmatique. Liu Shaoqi et Deng Xiaoping donnèrent la priorité à l'industrie légère et à l'agriculture et tolérèrent un marché privé et la possession de petits lopins de terre. Le pouvoir revint à une élite cultivée. Persuadé qu'une participation populaire la plus large possible était le moyen le plus rapide pour atteindre le socialisme, Mao s'efforça d'imposer son projet. La grande Révolution culturelle prolétarienne marqua son retour au premier plan en 1965. Mobilisée au sein des Gardes rouges, la jeunesse s'attaqua aux dirigeants du parti. Les pensées du dirigeant suprême, résumées dans le "petit livre rouge", " Les Pensées du président Mao ", furent diffusées et commentées dans tout le pays. L'ouvrage contribua largement à l'édification d'un véritable culte autour de Mao, dont le visage fut imprimé sur des affiches à des millions d'exemplaires. Vénéré en Chine, il fut étudié dans le tiers-monde et pris comme modèle par certains mouvements gauchistes d'Occident. Mais la Révolution culturelle mena le pays au chaos et dans un état de guerre civile larvée. Mao fut contraint d'appeler l'armée à restaurer l'ordre et laissa le Parti communiste se reconstruire. Surnommé le Grand Timonier de Chine en 1970, il abandonna l'administration courante, confiée à Zhou Enlai à partir de 1972, et ne prit pas part à la lutte entre les radicaux de la Bande des Quatre et les modérés. Atteint de la maladie de Parkinson, il se retira totalement de la vie politique en 1974. Il semblait alors que ce serait l'ordre de décès des dirigeants historiques qui déterminerait la nature de la succession. Le 8 janvier 1976, Zhou Enlai mourait, en pleine offensive radicale. Le sort de ses héritiers semblait scellé, et Deng Xiaoping, soudain introuvable, fut attaqué de tous côtés. Mais un protagoniste oublié se manifesta soudain. Le 4 avril, une manifestation populaire sur la place Tian'anmen à la mémoire de Zhou Enlai tourna à l'attaque contre les radicaux maoïstes. Les Chinois avaient peur d'une nouvelle révolution culturelle, et les manifestants dénonçaient l'autocratie avec des poèmes et des citations de l'ère impériale. Cette apparition du peuple fut brève, et la répression lourde, tandis que les radicaux obtenaient la destitution de Deng Xiaoping. L'occasion profitait à Hua Guofeng, qui devenait Premier ministre. Mais, à nouveau, le parti était divisé en deux camps et les troubles prenaient de l'ampleur dans le pays. La réalité du pouvoir devenait régionale, et Deng Xiaoping attendait son heure. Le tremblement de terre de Tangshan en juillet 1976 (250.000 morts) signalait la fin d'un règne. Le 9 septembre 1976, Mao Zedong expirait. Un deuil d'un mois fut décrété ; chaque faction se mobilisait. Le 7 octobre, Hua Guofeng, renversant ses alliances, fit arrêter la " bande des Quatre " : la veuve de Mao, Jiang Qing, était accusée d'avoir fomenté un coup d'État. Cette date, qui sera considérée officiellement comme une " seconde libération ", marque aussi la fin de l'ère maoïste. Une foule en liesse envahit les rues, et participe bientôt à une grande campagne de masse, contre les héritiers de Mao cette fois-ci.
Cam.
Remerciements à Cam
Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 9 septembre