LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


8 SEPTEMBRE


1474


Naissance de l'Arioste !

L'Arioste est né à Reggio, en Émilie, d'une famille de militaires et d'administrateurs de l'important duché de Ferrare. Très jeune, il écrit des comédies qui sont remarquées par Ippolito Ier, cardinal d'Este, frère du duc, une puissante famille de la Renaissance Italienne. De 1503 à 1517, l'Arioste réside à la cour d'Ippolito. Il entre ensuite au service du frère du cardinal, Alfonso Ier, duc de Ferrare (né en 1486, mort en 1534). Le poème le plus fameux d'Arioste, " Roland furieux " ("Orlando Furioso", première version, 1516; dernière version, 1532) est manifestement une suite du poème épique inachevé " Orlando Innamorato " (1487) du poète italien Matteo Maria Boiardo, lui aussi un des écrivains dont le duc de Ferrare s'entourait pour vanter les mérites de sa cour. Oeuvre "à clés", le poème est un hommage aux protecteurs d'Arioste, la famille d'Este, et le véritable héros en est Ruggiero d'Este, le légendaire fondateur de la maison d'Este. La vigueur et le style exalté de ce poème l'ont fait considérer par de nombreux critiques comme un des meilleurs du genre. Notons qu'il exprima dans ses ouvres son horreur du canon et des armes à feu, nouvellement créées et qui reléguaient loin derrière, les tueries à la pique, à l'arbalète, au glaive ou à l'épée. Et pourtant, l'Arioste fut chef militaire, il commanda la citadelle de Canossa et celle de Reggio en Émilie. Parmi les autres oeuvres de l'Arioste figurent des comédies comme "La Lena" (Le Vent, 1529), des odes, des satires et des sonnets. C'est aussi l'Arioste qui imposa le « Toscan » comme langue littéraire, à l'instar, en France, de la littérature en langue d'Oc.

CHANT PREMIER

Le donne, i cavallier, l'arme, gli amori
Le cortesie, l'audaci impreso io canto,
Che furo al tempo che passaro i Mori
D'Africa il mare, en in Francia nocquer tanto
Seguendo l'ire, e i giovenil fuori
D'Agramante lor re, chi se die vanto
Di vendicar la morte di Troiano
Sopra re Carlo Imperator Romano.

Dire d'Orlanao in un medesmo tratto
Cosa non detta inprosa mai né in rima,
Che per amor venne in furore e matto,
D'uom che si saggio era stimato prima ;
Se da colei che tal quasi m'ha fatto,
Che'1 poco ingegno ad or ad or mi lima,
Me ne sarà perô tanto concesso,
Cite mi basti a finir quanto ho promesso.

Je chante les dames, les chevaliers, les armes, les amours,
Les courtoisies, les audacieuses entreprises
Qui furent au temps où les Maures passèrent
La mer d'Afrique et firent tant de ravages en France,
Suivant la colère et les juvéniles fureurs 
D'Agramant leur roi, qui s'était vanté
De venger la mort de Trojan
Sur le roi Charles, empereur romain.

Je dirai de Roland, par la même occasion,
Des choses qui n'ont jamais été dites en prose ni rimes,
Comment, par amour, il devint furieux et fou,
D'homme qui auparavant avait été tenu pour si sage.
Je le dirai, si, par celle qui en fait quasiment autant de moi
En m'enlevant par moments le peu d'esprit que j'ai,
Il m'en est pourtant assez laissé pour qu'il me suffise
A achever tout ce que j'ai promis.

Cam.

Remerciements à Cam


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