Le pape en otage !
Ceci s'est passé un 7 septembre à Anagni, (petite ville à 60 km au S.E. de Rome, vers les Abruzzes, jadis résidence des papes). Saviez-vous que c'est le 7 septembre 1303 que le pape Boniface 7 fut fait prisonnier par le roi de France Philippe le Bel ? Cela se passait à Anagni, d'où le nom de « Attentat d'Anagni ». Le pape fut sans doute molesté (la légende raconte qu'il aurait été giflé et frappé par un noble romain, Sciarra Colonna - non pas le footballeur - mais le leader du parti des Gibelins, parti de l'empereur et donc du pouvoir temporel, donc du Roi de France). En tout cas, il fut retenu prisonnier quelques jours par Guillaume de Nogaret, ambassadeur de Philippe le Bel. Quoique libéré bientôt (le 9 septembre) par ses partisans, les Guelfes, il mourut le 11 octobre, suite à la maladie, mais surtout aux émotions dues aux événements subis. Cette « prise d'otage » intervenait en pleine lutte d'influence entre le pouvoir matériel et politique, entre le primat spirituel, le pape, et le primat temporel, Philippe-le-Bel. Le Pape défendait la notion de supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel. Ce que contestait violemment le roi de France (mais aussi d'autres souverains !) D'autant plus que le Pape était à l'époque un puissant chef d'état, et que ses intérêts « temporels » ne se dissociaient pas toujours de ses intérêts « spirituels » ! Notez que Édouard Ier d'Angleterre était aussi opposé à la primauté du pape. Mais il était très content des ennuis que ce malheureux camouflet créait au roi de France (avec qui il était en guerre !). Mais il appréciait surtout que cette affaire lui rapportât la possibilité de pouvoir lever des impôts sur les « clercs » (sur le clergé !) tout comme le prétendait Philippe le Bel, ce qui, en définitive, était la cause principale du conflit ! Cherchez l'argent, s'il n'y a pas de femme !
Version Cam.
Remerciements à Cam
Version Lodace
Le pape Boniface VIII vient d'être attaqué dans son palais d'Anagni, près de Rome, par une petite troupe envoyé par le roi de France pour le contraindre à abdiquer. Bien qu'insulté et frappé, il a refusé de céder ; il vient de rentrer à Rome, mais sa santé est gravement altérée. L'événement est considérable ; pourtant, en Occident, bien peu défendent Boniface. Il est vrai que le pape avait menacé Philippe le Bel d'excommunication. Le conflit avait surgit entre eux à propos de Bernard Saisset, l'évêque de Pamiers désigné par le pape en 1297. Celui-ci, hostile à Philippe le Bel, avait été arrêté, convaincu d'avoir tenu des propos désobligeants à l'encontre du monarque, et accusé d'hérésie et de blasphème. Apprenant cela, le pape s'était fâché, car l'évêque aurait dû d'abord comparaître devant les juges de l'Eglise et non devant la justices laïque. Au cours d'un synode, il avait redit que sa dignité de vicaire du Christ lui conférait des prérogatives illimitées. Le roi avait répliqué en mettant purement et simplement en doute la légitimité de son élection, sur quoi le pape avait brandi l'excommunication.
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