Les taxi au boulot
Gallieni, le gouverneur de Paris, et Joffre, le généralissime, réquisitionnent 1 100 chauffeurs de taxis parisiens. Il leur revient de transporter 5 000 hommes sur le front. Les troupes allemandes ont atteint la Marne. Joffre proclame : " Au moment où s'engage une bataille dont dépend le sort du pays, il importe de rappeler que le moment n'est plus de regarder en arrière... Une troupe qui ne peut pas avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis, et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. " La bataille de la Marne sera l'une des boucheries de cette guerre. Elle durera jusqu'au 9, lorsque les armées du Kaiser commenceront leur repli.
Victoire du Maréchal Joffre dans la Bataille de la Marne.
Fils d'un petit propriétaire viticulteur, Joseph Joffre, né en 1852, fait de brillantes études et sort lieutenant de Polytechnique le plus jeune de sa promotion, en 1874. Capitaine, au génie à Versailles, il participe à la reconstruction de l'enceinte fortifiée de Paris. Veuf, il demande à servir en Extrême-Orient où la République Française développe son emprise. À Formose, en 1885, il fortifie Keelung, puis, chef du génie à Hanoï, il organise les travaux de défense du Haut-Tonkin et prend part aux sièges de Ba Dinh et Ma Kao. Rentré en France, il est chargé des cours de fortification à l'école d'application de Fontainebleau où il ne brille pas. Appelé au Soudan pour diriger la construction du chemin de fer de Kayes à Bamako, il reçoit le commandement de la région nord-ouest, pénètre en 1.894 à Tombouctou et organise le pays en dépit de l'hostilité du gouverneur. A Madagascar en 1900, réclamé par Gallieni, il crée le camp retranché de Diégo-Suarez. Général de brigade en 1902, ensuite directeur du Génie à Paris, il reçoit sa troisième étoile en 1905. Il a cinquante-trois ans. Corpulent, méthodique, ponctuel et assidu, peu loquace et pourvu d'un solide bon sens. En 1910, il entre au Conseil supérieur de la guerre comme vice-président. La même année, la réorganisation du haut commandement fait de lui, avec le titre de chef d'état-major général, le chef incontesté de l'armée française. Grâce à lui, lorsque la guerre éclate (2 août 1914), l'armée française a comblé une partie de son handicap, face à la puissante armée allemande. Les premiers revers aux frontières n'entament ni le calme ni la détermination de Joffre. Devant la manSuvre allemande de débordement par la gauche, il réussit une retraite générale stratégique sans rupture du front allié et, le 6 sept., profitant d'une erreur de l'E.-M. ennemi qui le croit battu, il donne l'ordre d'attaquer sur l'ensemble du front. Mais comme il faut ramener au front les milliers de permissionnaires et de réservistes en un temps record, ce que le chemin de fer désorganisé est incapable de faire, il fait réquisitionner (l'idée viendrait de Galliéni) des milliers de Taxis qui assurent dans une noria étonnante et rapide l'acheminement des soldats qui lui assureront la victoire. C'est la victoire de la Marne à laquelle participe Gallieni ; Paris est sauvé. Depuis le début de la guerre, la fermeté inébranlable de Joffre a fait de lui le pilote sûr qu'il fallait à l'armée, le temps que les ressources des empires français et anglais entrent en jeu. Mais le général en chef, qui refuse toute immixtion extérieure dans son commandement, n'a pas que des amis dans les milieux politiques. La pression de ses adversaires sur le gouvernement ne cesse de croître et, les résultats de l'offensive de la Somme ayant été jugés insuffisants, Joffre est remplacé par Nivelle en décembre 1916. C'est la disgrâce. Il est cependant élevé à la dignité de maréchal de France le 25 du même mois, mais il n'a pratiquement plus aucun pouvoir. En 1917, il effectue, avec Viviani, une mission aux États-Unis pour préparer l'entrée en guerre de ce pays. Le maréchal y reçoit un accueil triomphal. Les Parisiens aussi l'ovationnent quand, le 14 juillet 1919, il défile sous l'Arc de triomphe à la tête des armées alliées, aux côtés de Foch et de Pétain. Après la guerre et son élection à l'Académie française, il effectue de nombreuses missions de prestige à l'étranger. Rentré en France, il rédige ses Mémoires qui, terminés en 1928, ne seront publiés qu'après sa mort. Le pays lui fait des funérailles nationales grandioses et le Parlement vote une loi qui déclare que "Joseph Joffre, maréchal de France, a bien mérité de la Patrie".
Lodace/Cam.
Remerciements à Cam
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