La bataille d'un quart d'heure !
Ceci se passait un4 septembre, en 1630 dans une petite localité près
de Susa, dans les Alpes Piémontaises.
Si l'Histoire retient des expressions de bravoure (Suivez mon panache blanc,
Qui m'aime me suive .) ou de courtoisie (La guerre en dentelles) c'est
souvent pour mieux cacher ce que les guerres peuvent avoir, de tout temps, d'atroce et d'inhumain ; des traits de bravoure les humanisent !
L'anecdote suivante est plaisante car elle a permis d'éviter une guerre, et,
par ricochet, de planter sur la scène européenne un grand diplomate et un
grand homme d'état.
Nous sommes en 1630, en pleine guerre de « succession de Mantoue ».
En décembre 1627 est mort Vincent II, duc de Mantoue et marquis de
Montferrat. Il laisse en héritage le duché de Mantoue et le marquisat de
Montferrat, deux fiefs d'Empire en Italie.
Son plus proche héritier est un cousin français, Charles de Gonzague, duc de
Nevers (vous vous souvenez de l'un de ses descendants, « Lagardère . ! ».
Charles de Gonzague a pris le pouvoir à Mantoue sans attendre l'investiture
impériale. L'Empereur Ferdinand II, sur les instances de la Savoie (pas encore
française) et de l'Espagne, prononce le séquestre de l'héritage.
Gonzague en appelle au roi de France
Je passe sous silence toutes les péripéties de la guerre qui se situe
partiellement en Savoie, mais surtout dans le Piémont.
Mais, les petits états italiens du nord, contrairement à la tradition
rechignent à s'allier à la Savoie et à l'Empereur, ils font appel à
Richelieu qui envoie les soldats français à la rescousse. Casale, capitale du Montferrat (clé du passage des Alpes vers le duché de
Mantoue, est assiégée par les Espagnols.
En septembre, les Français qui ont conquis la route de la Maurienne (en
Savoie) et Susa, affrontent les Espagnols.
Les Français arrivent en vainqueurs, bien accueillis par les autochtones,
les Espagnols, bien qu'assiégeants, sont mal ravitaillés, fatigués
moralement et physiquement, bien que plus nombreux.
Les deux armées doivent s'affronter, le deux ou le 3 septembre.
Mais, à une heure de la bataille (prévue à 9 heures par les
plénipotentiaires), un cavalier muni d'un drapeau blanc se détache des
premières lignes espagnoles et se dirige vers les avant-postes français.
Le combat s'engage néanmoins, mais après un gros quart d'heure, des
officiers français sortent des tentes royales et agitent plusieurs drapeaux
blancs.
Le combat cesse.
Une trêve a été conclue.
Casale est rendue aux Français. Les Espagnols se retirent vers Mantoue.
Cet homme qui a entamé les négociations et les a menées rondement, c'est
Mazarin ; son interlocuteur français, c'est Richelieu.
Les deux prélats se connaissaient, déjà à Lyon, Mazarin avait tenté, en
vain, une première tractation. Ce second essai fut le bon.
Quelques mois plus tard, grâce à Mazarin, Richelieu obtient gain de cause
pour son protégé mantouan, Gonzague de Nevers. Les Français reçoivent plusieurs citadelles (dont celle de Pignerolles) en
Savoie ainsi que le passage libre vers l'Italie.
Le génie diplomatique de Mazarin lui obtiendra la reconnaissance des deux
camps, ce qui est rare.
Et c'est lui qui succédera à Richelieu.
Cam.
Remerciements à Cam
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