LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


1er SEPTEMBRE


1970


Décès de François Mauriac

Issu d'une famille de la riche bourgeoisie bordelaise, François Mauriac eut une enfance mélancolique et pieuse, qu'il évoquera dans son oeuvre. Il fait ses études chez les marianistes de Caudéran, suit les cours du lycée puis de la faculté des lettres de Bordeaux. L'adolescent, assoiffé de pureté, lit avec ferveur Racine, Pascal, Baudelaire et Rimbaud.

--- Un romancier-né ---

Mauriac s'installe à Paris en 1906 et se consacre tout entier à la littérature. Son premier livre, un recueil de poèmes, les "Mains jointes" (1909), est salué chaleureusement par Maurice Barrès. Il fonde, en 1912, une revue catholique, les "Cahiers", et publie son premier roman, "L'Enfant chargé de chaînes" (1913), suivi de la "Robe prétexte" (1914). Après la guerre, il poursuit son activité littéraire avec de nouveaux romans : "La Chair et le Sang" (1920) et "Préséances" (1921), peinture de la société bordelaise. "Le Baiser au lépreux" (1922), qui lui apporte la célébrité, révèle au public l'univers féroce de la bourgeoisie provinciale, en même temps que le style frémissant d'un grand romancier. Alors qu'il publie de nombreux livres de critique littéraire, de souvenirs et de méditations spirituelles - "La Rencontre avec Pascal" (1926), "La Vie de Jean Racine" (1928), "Souffrances et bonheur du chrétien" (1931), "La Vie de Jésus" (1936) - François Mauriac s'impose surtout par son oeuvre romanesque d'une surprenante fécondité : "Genitrix" (1924), "Le Désert de l'amour" (1925), "Thérèse Desqueyroux" (1927), "Le Noeud de vipères" (1932), "Le Mystère Frontenac" (1933), "La Fin de la nuit", "Les Anges noirs" (1936), "Les Chemins de la mer" (1938), "La Pharisienne" (1940), "Le Sagouin" (1951), "L'Agneau" (1954), dont les personnages et les thèmes essentiels se fondent en une peinture accentuée par des intentions apologétiques qui ne trahissent cependant jamais la vérité humaine. Roger Martin du Gard peut écrire justement: «Mauriac est un romancier-né : il a le don de créer des êtres qui vivent, d'ajouter des individus à ce peuple de personnages réels que nous ont laissé les grands créateurs.»

--- Un journaliste engagé ---

Elu à l'Académie française en 1933, François Mauriac s'engage comme journaliste dans les luttes politiques. Se dressant avec violence contre le franquisme, contre l'occupation allemande ("Le Cahier noir"), contre la guerre d'Algérie, il rédige des articles recueillis sous le titre de "Journal" (1934-1951), puis de "Bloc-notes" (1958-1961), et il devient la «conscience» de la jeunesse catholique de gauche de l'après-guerre. Ses articles engagés, dans le "Figaro" ou dans "L'Express" ("Bloc-Notes"), le montrent passionné de justice et fervent soutien du général de Gaulle. En 1952, il reçoit le prix Nobel de littérature «pour l'analyse pénétrante de l'âme et l'intensité artistique avec laquelle il a interprété, dans la forme du roman, la vie humaine». Outre les romans, l'oeuvre de Mauriac comprend des pièces de théâtre : "Asmodée" (1938), "Les Mal Aimés" (1945), "Le Passage du Malin" (1947), "Le Pain vivant" (1950), "Le Feu du ciel" (1950), des ouvrages autobiographiques : "Mémoires intérieurs" (1959), "Nouveaux Mémoires intérieurs" (1965) et biographiques : "De Gaulle" (1964).

Olga

Remerciement à Olga et à son site : Musique et poésie Renaissance


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