LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


30 OCTOBRE


1242


Paix de Lorris

Ceci se passait un 30 octobre à Lorris, dans le Midi de la France. La paix de Lorris est signée entre le Roi de France, Louis IX (plus tard Saint Louis) et Raimon VII, comte de Toulouse. Celui-ci vaincu doit abandonner ses velléités d'indépendance et reconnaître l'autorité du Suzerain royal sur tout le Midi. Cette paix rentre dans le cadre d'un double conflit politique et religieux qui oppose le nord, dominé par le pouvoir royal qui ne cesse de s'étendre depuis l'accession au trône des Capétiens, et le Midi, dominé par le comte de Toulouse. La religion Cathare s'est développée dans le sud. Elle est condamnée par le Pape. C'est le conflit religieux qui fournira au Nord le prétexte pour intervenir et rétablir l'autorité royale. L'occasion est fournie par le massacre de quelques inquisiteurs. C'est dans la nuit de l'Ascension du 28 au 29 mai 1242 que fut massacré le tribunal de l'Inquisition (11 victimes). C'était le signal attendu d'un soulèvement général du Midi contre le Roi de France qui lentement, depuis 1209 et surtout 1229, annexait le comté de Toulouse au domaine royal. En 1229, le comte Raimon VII voit ses états amputés et sa fille Jeanne est dans l'obligation d'épouser un frère de Saint Louis. Pour se libérer il met sur pied une vaste coalition avec les comtes de Foix, de Comminges, de la Marche, et les rois d'Angleterre et d'Aragon. En 1241, à la demande du roi de France, Raymond VII, entreprend, pour la forme, le siège de Monségur (dans le comté de Foix), mais finit par abandonner, sûrement sans combattre. Montségur, la capitale des Cathares (hérésie qui s'est développée dans le midi de la France) est dans l'ordre des lieux à délivrer par les Croisades comme Jérusalem p. ex. Un bon millier de chevaliers cathares, tous « hérétiques » s'y étaient réfugiés. L'année suivante, Raymond VII tente de s'opposer à Louis IX en s'alliant avec le roi d'Angleterre et le comte de La Marche, mais ses alliés sont défaits. Le tribunal d'Inquisition est alors chargé de rechercher les suspects accusés d'être des Croyants cathares. Avec l'organisation méthodique de la délation, de fichiers dignes d'un système policier moderne, le Tribunal se fait remarquer par sa violence et ses exactions. En janvier 1242, deux inquisiteurs, Guillaume Arnaud et Etienne de Saint Tibéry, entreprennent une grande tournée en Lauragais : ce sera la dernière. Ils passent dans toutes les villes, dans tous les châteaux, enquêtent, accusent, torturent, condamnent et brûlent ; et accessoirement ils confisquent tous les biens des hérétiques, à leur profit et à celui du trésor royal.  Le 20 mai ils sont à Avignonet dans le château du comte de Toulouse et dont le « bayle » est Raimon d'Alfaro, petit-fils naturel de Raimon VI. La noblesse, soutenue par le comte, s'insurge. Le 28 mai, Monségur, voulant participer à cette révolte, envoie 60 hommes d'armes à Avignonet où le dominicain Guillaume Arnaud s'apprête à dresser des bûcher. Les moines sont massacrés. Cette nouvelle se répand aussitôt et la révolte générale éclate en juin 1242. Mais les défaites s'accumulent, le roi d'Angleterre est battu à Taillebourg par l'armée royale. Raimon VII, abandonné de ses alliés, est vaincu et doit concéder la paix de Lorris (signée le 30 octobre 1242 et confortée en Janvier 1243). Raimon VII reconnaît l'autorité du roi de France. Le Midi toulousain perd définitivement son indépendance. L'église catholique et le Roi de France décideront ensuite de s'emparer de Montségur pour abattre définitivement la capitale spirituelle du catharisme. Assiégée dès le printemps 1243, la citadelle cathare tombera le 16 mars 1244. C'est paradoxalement le Midi, qui, deux siècles plus tard, sauvera la dynastie capétienne en conservant sa fidélité au « petit roi de Bourges » dépouillé de ses droits par les Anglais et permettra au roi de France de gagner la Guerre de Cent Ans..

Cam.
Remerciements à Cam


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