Naissance d'un légende !
J'aurais bien voulu vivre cet événement, mais Astérix est plus vieux que moi de cinq ans (moins quelques mois). Alors souhaitons-lui un joyeux anniversaire avec de pleines gourdes de potion magique et des montagnes de sangliers, et retrouvez-le sur http://www.republique-des-lettres.com/u1/uderzo.shtml la source du texte ci-dessous.
Astérix le gaulois
Albert Uderzo a vécu "40 ans de bonheur avec Astérix" et il continue. C'est le 29 octobre 1959 que dans le premier numéro du journal Pilote sortait la première planche d'Astérix, un Gaulois teigneux inventé par deux complices, René Goscinny au scénario et Albert Uderzo au dessin. 30 albums ont depuis été vendus, soit au total 292 millions d'exemplaires, un succès phénoménal, et si Goscinny disparut en 1977, 24 albums réalisés ensemble, son compère a repris seul le portage de menhirs pour les albums suivants. Oubliés "Jehan Pistolet" le flibustier, "Oum pah pah" l'indien ou "Tanguy et Laverdure", les chevaliers du ciel, premières créatures d'Uderzo, ne reste qu'Astérix triomphant. N'en a-t-il pas assez? "Non non. Astérix nous a tant apporté de satisfactions que je n'ai pas le droit de ne pas l'aimer, pas le droit ni l'envie d'ailleurs d'en être fatigué", déclare Albert Uderzo. "Maintenant, je
n'enécrit plus qu'un tous les cinq ans et j'ai le temps de me reposer. Mais, toujours j'ai le même plaisir et encore une fois, fin août, mon personnage m'a apporté du bonheur: j'ai terminé le scénario du prochain album qui sortira au printemps 2001. Faire le scénario, c'est le plus difficile: il faut trouver de nouvelles idées et surprendre le lecteur tout en utilisant les mêmes gimmicks éprouvés, bagarres, potion magique, pirates. . .", ajoute l'auteur qui ne veut rien déflorer de l'histoire, pas même le titre, et précise seulement que cela se passera en Gaule car "on a toujours alterné un voyage lointain et en voyage proche" ( Le dernier, La Galère d'Obélix, allait jusqu'en Atlantide. . .). Et Uderzo explique comment il travaille: "le scénario d'abord en entier, à la virgule près, puis le dessin. Goscinny me l'a montré, il travaillait ainsi. De son temps, nous commencions par parler, échafauder des idées en ping-pong de l'un à l'autre puis il se mettait à la machine et lui, le véritable auteur, réalisait de A à Z le scénario. J'intervenais après seulement. Maintenant, seul, je fais de même". Utilise-t-il de la doc ? "Oui, bien sûr, La guerre des Gaules, c'est l'évidence, Pline aussi et quelques historiens modernes comme Carcopino mais finalement, on sait peu de choses sur les gaulois au quotidien sinon qu'ils étaient bagarreurs, teigneux, amoureux de la dialectique et des discours surtout après avoir bien mangé et bu. C'est tout à fait nous, les français d'aujourd'hui, et c'est cela le ressort de l'humour d'Astérix". S'appeler Uderzo et avoir tant brocardé les romains, n'est ce pas paradoxal ? "Je suis né italien, naturalisé en 1934 seulement à l'âge de 7 ans (au moment où j'appris à l'école que mes ancêtres étaient gaulois !!) mais je suis né en France, nourri de culture française et je ne connais de la culture italienne que ce qu'en connaissent les français", souligne-t-il. "Les italiens acceptent très bien toutes mes piques, ils ont le sens de l'humour et de la dérision et s'amusent autant que nous aux déboires des pauvres romains", ajoute-t-il. "D'ailleurs, les italiens ont trouvé un gag prodigieux : ils ont traduit le fameux SPQR
(Senatus Populus Que Romani) fièrement arboré par les insignes des centuries romaines par 'Sono Pacci Questi Romani' soit 'Ils sont fous ces romains'. C'est formidable!". Albert Uderzo, l'anniversaire d'Astérix passé, va se retrouver encore sous les sun-lights: Il sera fin janvier 2000 une des vedettes du festival de BD d'Angoulême qui lui a décerné l'an dernier un Grand prix du Millénaire et consacre aux pères d'Astérix une exposition rétrospective. "Je suis honoré même si cette reconnaissance est un peu tardive", déclare celui qui a toujours été légèrement battu froid à Angoulême et réciproquement d'ailleurs. Et surtout, il profite de l'occasion pour regretter que le festival n'ait jamais primé Goscinny ni créé un prix portant son nom. "Il en existe bien un, décerné pendant le festival, mais c'est Gilberte sa femme et Anne sa fille qui l'ont créé et je pense que c'était à Angoulême même de l'instituer", dit-il. "Peut-être n'est ce pas dans leur esprit, c'est dommage. Je ne veux pas me faire donneur de leçon, mais je me pose la question", affirme-t-il.
Petit, râblé, moustache blonde en bataille, casque à ailettes vissé sur la tête, Astérix est apparu, flanqué d'un certain Obélix "un peu enveloppé" dans le tout premier numéro du journal Pilote, un magazine pour adolescents qui devait grandir avec ses lecteurs, révolutionner la
BD, la faire passer à l'âge adulte et perdurer pendant trente ans et un mois. En octobre 1959 cependant, il s'agissait encore de faire rire la belle jeunesse. Principaux animateurs du journal avec Jean-Michel
Charlier, les compères René Goscinny et Albert Uderzo se devaient de créer une nouvelle série. Ils pensèrent à une adaptation du Roman de Renart (déjà pris!) puis à un préhistorique quand, devant une "potion magique" au bistrot du coin, l'évidence se fit : des Gaulois. Et on décline tous les noms en "ix" possibles pour ces fils de
Vercingetorix, le héros devant hériter de la première lettre de l'alphabet. Ainsi Astérix naquit puis
Obélix, Panoramix, Assurancetourix... (Idéfix le petit chien vint bien plus tard). De même, les camps romains se devaient de finir en "um"
(Petitbonum, Babaorum) et leurs occupants en "us" (Olibrius et les autres). Un village d'Armorique enclavé, des Gaulois irréductibles mais rigolards, des Romains bien fous, le décor est planté et que le spectacle commence. Première planche le 29 octobre 1959 et succès immédiat pour Pilote comme pour les Gaulois. Avec les gags visuels d'Uderzo et l'humour à double détente de Goscinny privilégiant des anachronismes savoureux, Astérix commençait une irrésistible ascension.
Le premier album, Astérix le Gaulois, sortit en 1961 (6.000 exemplaires seulement). Déjà, le second, La serpe d'or, était tiré à 20.000 et le troisième, Astérix et les Goths à 40.000. La courbe fut ensuite exponentielle et le dernier en date, le 34ème, La Galère d'Obélix, est sorti le 10 octobre 1996 simultanément dans toute l'Europe avec un tirage cumulé de 8 millions d'exemplaires (dont 2,8 millions en France). En tout, les Astérix représentent 250 millions d'albums vendus, traduits en 40 langues dont le breton et le latin. Entre temps, la série connut bien des aventures.
Goscinny, le scénariste, mourut en 1977, après 25 bons et loyaux albums. Uderzo reprit seul le flambeau, quittant en même temps son éditeur,
Dargaud, pour fonder sa propre maison d'édition, Albert-René, et publier les neuf albums suivants. En froid puis en conflit ouvert avec
Dargaud, l'auteur lui intenta même un procès pour non paiement de royalties. Après dix ans de procédures, le jugement final a été rendu le 9 septembre 1998 et Dargaud a perdu tous les droits sur les 25 premiers albums et. . . 300 millions de chiffre d'affaires, un tiers de son avoir total. Quand, en janvier 1999, le Festival d'Angoulême, qui n'avait jamais primé ni Goscinny ni Uderzo, a conféré à ce dernier son Grand prix du millénaire, Dargaud s'est senti outragé et a même décidé de ne pas participer au prochain festival en janvier 2000.
Olga
Remerciement à Olga et à son site : Musique et poésie Renaissance pour m'avoir communiqué cette info
L'événement étant digne d'intérêt, je me suis permis d'intégrer ...intégralement... cette information, mais je n'ai pu joindre les auteurs. S'ils me demandent de retirer cette page, je le ferais sans problème, mais ce serait vraiment dommage.
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