LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


29 OCTOBRE


1787


Première !

Prague : Casanova de Seingalt, aventurier né à Venise en 1725, grand voyageur et séducteur, vient d’arriver à Prague où Wolfgang Amadeus Mozart fait représenter « Don Giovanni », drame comique en deux actes, sur un livret de Lorenzo Du Ponte. Casanova a sans doute inspiré le librettiste par le récit de ses nombreuses aventures amoureuses. Insouciant, fréquentant des femmes de haut rang aussi bien que des souillons, il s’enorgueillit de ses scandales galants et de ses dettes de jeu. Le spectacle qu’il vient d’applaudir aujourd’hui donne une nouvelle ampleur au personnage de Molière. Don Juan, qui a tenté de séduire dona Anna, fille du Commandeur, tue celui-ci en duel, tandis qu’Anna fait jurer à Ottavio, son fiancé, de venger son père. Mais Don Juan se trouve tout à coup attiré par Zerline dont on annonce les noces prochaines avec Matteo. Le séducteur, aidé de son valet Leporello, tente d’éloigner le fiancé et de séduire Zerline. Il est interrompu par l’arrivée d’Elvire, l’épouse abandonnée. L’acte II est dominé par l’image spectrale du Commandeur qui s’introduit dans la maison où Don Juan soupe gaiement et lui intime l’ordre de se repentir. Mais le dépravé refuse avec insolence et un abîme de flamme s’entrouvre, laissant échapper un chœur rugissant de furies entraînant Don Juan dans la mort. L’oeuvre de Mozart, doit beaucoup au style de l’opéra bouffe, subordonne entièrement les paroles à la musique. Trois ans plus tard, Mozart et Du Ponte créeront ensemble « Cosi fan tuffe ».

Vu par Lodace

Il n'y avait pas de musiciens à fêter en ce 29 octobre, mais ce jour de 1787 vit la création d'une des plus célèbres oeuvres de Mozart, voire de tout le répertoire lyrique, puisqu'il s'agit de "Don Giovanni". Ce "dramma giocoso" fut représenté pour la première fois au Théâtre Royal de Prague. En effet, après le succès des "Noces de Figaro", le directeur de ce théâtre avait demandé à Mozart un opéra qui pourrait offrir un rôle de protagoniste au jeune et beau baryton italien Luigi Bassi (1766-1825), qui avait triomphé dans les "Noces". Lorenzo da Ponte proposa l'histoire du libertin puni. Da Ponte s'inspira certainement d'un livret du même nom que Giovanni Bertati (1735-1815) avait composé pour le compositeur Giuseppe Gazzaniga (1743-1818) cette même année 1787, mais le personnage de Don Giovanni, qui par son caractère emblématique, occupe une place si importante dans la littérature européenne, remonte au drame de l'Espagnol Tirso de Molina "El Burlador de Sevilla" (1630). Au début du mois de septembre 1787, Mozart avait encore à écrire la plus grande partie de son opéra : la légende veut que son ouverture ait été composée dans les deux jours précédant la première exécution (ce qui ne prend pas en compte le problème de la copie des parties d'orchestre de ladite ouverture, travail long et fastidieux). A Prague, où Mozart dirigea lui-même les quatre premières représentations, "Don Giovanni" reçut les éloges et les applaudissements les plus chaleureux qu'il ait jamais été donné au musicien de recevoir. A Vienne l'année suivante, l'opéra ne fut pas autant acclamé. Mozart et Da Ponte, pour satisfaire aux exigences du théâtre de Prague, voulurent faire de "Don Giovanni" un "dramma giocoso" et le livret est sans doute écrit dans cette intention. Mais l'oeuvre est parcourue d'un tel souffle dramatique, et la musique, sous son voile burlesque, montre une telle richesse et une telle profondeur d'émotion que "Don Giovanni" a toujours été considéré comme tragique. C'est ce qui explique pourquoi on prit l'habitude de terminer la représentation de l'opéra par la mort du fier chevalier, en écourtant le plaisant sextuor qui, dans la version complète, en constitue le final. Je ne vous résumerai pas ici l'intrigue bien connue...

vu par Olga

Remerciement à Olga et à son site : Musique et poésie Renaissance


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