La Dame de Beauté d'Henri II, Diane de Poitiers entre dans la légende.
Symbole de la féminité d’une époque et célèbre pour sa beauté, Diane est aussi l’un des très grands noms de la politique française du milieu du XVIème siècle. Née en 1499, à Poitiers, fille de Jean de Poitiers, comte de Saint-Vallier, mariée dès quinze ans à Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie, elle est d’abord dame d’honneur de la reine. Lors de la trahison du connétable de Bourbon en 1523, elle obtient de François Ier la vie sauve de son père, compromis dans l’affaire. Victor Hugo a popularisé l’épisode dans " Le roi s’amuse ". À la mort de son époux en 1533, elle fut dame d'honneur à la cour de France. Vers 1536, elle devint la maîtresse du dauphin Henri, de dix-neuf ans son cadet. Elle fut à la cour la rivale de la duchesse d'Étampes, maîtresse de François Ier. En 1548, un an après son couronnement, Henri II la fit duchesse de Valentinois. Favorite du roi durant toute la durée de son règne, elle s'imposa aux dépens de la reine Catherine de Médicis et s'entoura d'une cour brillante. Elle poussa le roi à une dure répression des protestants. Le château d'Anet (près de Paris), réalisé par Philibert Delorme, fut construit pour elle. Diane de Poitiers comptait parmi ses amis artistes Jean Goujon, qui réalisa en son honneur la statue de Diane, aujourd'hui au Louvre. À la mort d'Henri II, en 1559, Catherine la renvoya de la cour, et elle se retira à Anet. Elle fut obligée de rendre les bijoux de la couronne que lui avait donnés le roi, et d'échanger le château de Chenonceaux (également offert par le roi) contre celui de Chaumont. Elle mourut à Anet le 22 avril 1566. Que n’a-t-on pas dit sur la beauté de Diane, qui la fait paraître "vingt ans plus jeune qu’elle n’est" ? Les dames de Brantôme ont essayé d’imiter ses recettes de fard, son bain froid matinal, sa chevauchée quotidienne de deux ou trois heures (nue sur son cheval selon certains). Elle fut, en tout cas, un grand mécène, protectrice de Philibert Delorme, constructeur du château d’Anet (1547-1552), dont il ne reste, hélas, que le portail d’entrée marqué de l’effigie mythologique de la maîtresse des lieux et l’admirable chapelle. Les lettres de Diane, éditées en 1866, ne manquent pas d’intérêt historique. Reste son iconographie, dont il faut tenter de distinguer la typologie. On s’accorde à reconnaître le portrait réel de Diane dans la toile anonyme de Versailles, en coiffe de veuve, la statue orante du tombeau de la cathédrale de Rouen, le Clouet du musée de Chantilly, un dessin du Louvre et, peut-être, dans la chasseresse étendue du Louvre. Elle a été, en outre, l’inspiratrice, ou plutôt l’une des inspiratrices, du stéréotype français de la femme. Dans l’art de cour somptueux et raffiné de l’époque maniériste, les grandes dames chères à Brantôme ont volontiers servi de modèle. Les traits de Diane se mêlent à bien d’autres portraits (cérémonie de cour du bain-spectacle ou portrait typé en Poppée). Et, en outre, le poncif mythologique des Bains de Diane , dont celui de Rouen, où l’on se plaît à reconnaître les traits de Diane, ou de l’ancienne collection Le Métayer (Paris). Dans ces tableaux apparaît l’éclat froid et magnétique de