Directoire
Le " Directoire ", un nouveau régime en France qui fragilise la Révolution, crée des mécontentements et aboutit au coup d’état de Napoléon. La Constitution promulguée par la Convention en 1795 institua un Directoire composé de cinq membres, nommés par les assemblées et renouvelable par un cinquième tous les ans. La présidence du Directoire était occupée par roulement de trois mois. Constitué d'anciens conventionnels, en vertu du décret des deux tiers, il eut notamment pour membres Paul Barras, Lazare Carnot, Joseph Fouché, Emmanuel Sieyès et Merlin de Douai. Ses principales fonctions étaient la nomination des ministres et des généraux en chef. Le corps législatif était constitué du Conseil des Cinq-Cents et du Conseil des Anciens. Le Directoire fut confronté à une très grave crise économique et financière et il dut faire face à des menaces constantes sur sa droite comme sur sa gauche. La dépréciation de l'assignat et l'échec des mandats territoriaux, la monnaie-papier de remplacement, mirent le régime au bord de la faillite. En outre, la mauvaise qualité des infrastructures de transports et les guerres handicapèrent le commerce extérieur. La période du Directoire vit cependant le triomphe de la bourgeoisie. Le fossé entre riches et pauvres s'accrut sensiblement, provoquant une agitation populaire animée par Babeuf. Le Directoire répliqua en réprimant sévèrement la conjuration des Égaux (mai 1796) et le mouvement jacobin renaissant. À l'extérieur, le Directoire tenta de compenser ses échecs par l'exploitation économique des républiques sœurs (batave, helvète, etc.) et de nouvelles conquêtes, comme en Italie, où la campagne militaire fut confiée à Napoléon Bonaparte (1796-1797). La contre-révolution royaliste profita de la fragilisation du pouvoir pour accroître son influence et remporta les élections de mai 1797 (Germinal an V). Leur poussée fut arrêtée par l'annulation du scrutin, surnommée le coup d'État du 18 Fructidor an V (4 septembre 1797). Malgré la banqueroute des deux tiers (30 septembre 1797), qui permit une relative stabilisation financière au détriment des porteurs, le Directoire fut confronté à une nouvelle crise politique. Les jacobins remportèrent les élections en avril 1798 (Germinal an VI), mais elles furent cassées le mois suivant (22 Floréal). Ils prirent leur revanche lors du coup de force de Prairial an VII (18 juin 1799), quand les conseils contraignirent à la démission trois des cinq directeurs. À l'extérieur, le Directoire continua sa politique expansionniste et entreprit la campagne d'Égypte (1798-1799), confiée à Bonaparte. Les puissances européennes répliquèrent par la création de la deuxième coalition (1799-1801) que Napoléon put vaincre. En 1799, les revers militaires et les soulèvements contre-révolutionnaires affaiblirent le Directoire. Le 9 novembre il fut renversé par Napoléon Bonaparte (coup d'État du 18 Brumaire an VIII), qui institua le Consulat.
Cam.
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