Napoléon vers ciné est né !
Né à Paris en 1889, Abel Gance eut très jeune une attirance particulière pour la littérature et le théâtre. Dès 1908, il jouait à Paris et à Bruxelles. Un peu plus tard, il joua Molière jeune dans un film de Léonce Perret. Puis il passa à l'écriture de scénarios, jusqu'à ce qu'on lui offre de les mettre lui même en scène. Dès lors, Abel Gance put laisser déborder son imagination, écrivant et réalisant "La digue" (1911), "Le nègre blanc" (1912), "Il y a des pieds au plafond" (1912), "Le masque d'horreur" (1912), "Un drame au château d'Acre" (1915). Désirant aller toujours plus loin, tant pour son propre plaisir que pour celui du spectateur, il réalisa "La folie du docteur Tube" (1915) riche en essais et en trucages. Malgré l'échec de cette oeuvre, il en réalisera une dizaine d'autres les années suivantes, dont un "Barberousse" à épisodes, très apprécié du public. Gance apporta son concours à l'effort de guerre en réalisant des films de propagande tels "L'héroïsme de Paddy" (1915) ou "Gaz mortels" (1916) avant la "Zone de la mort" (1917), qui attira l'attention de la critique par l'emploi, nouveau, du gros plan. A partir de ce moment, le metteur en scène entama la série de ses grands films: "Mater dolorosa" (1917), "La dixième symphonie" (1918), "J'accuse" (1919), "La roue" (1919-1923), dans lesquels on trouve le meilleur comme le pire: grandiloquence et lyrisme, imaginativité et symbolisme primaire, créativité et emphase... En 1926, il acheva la réalisation de son chef d'oeuvre, "Napoléon Bonaparte". Les films suivants, parmi lesquels "La fin du monde" (1931), "Paradis perdu" (1940) ou "La tour de Nesle" (1954) ne parvinrent pas à retrouver le grand style "gancien" de ce "Napoléon". Boudé par les producteurs Abel Gance ne fut pas moins couvert de récompenses honorifiques jusqu'à sa mort, survenue en 1981.
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