Naissance à Paris du musicien Georges Bizet.
Nous avons retenu deux oeuvres écrites à la fin de sa vie, la suite d'orchestre " l'Arlésienne " et l'opéra " Carmen ".
Né dans une famille de musiciens son père, Adolphe Bizet, était professeur de chant et compositeur, sa mère, Aimée Delsarte, pianiste , Georges Bizet obtint en 1852 un premier prix de piano au Conservatoire de Paris. Il travailla la composition dans la classe de Jacques Halévy et sous la direction de Charles Gounod. Il épousa en 1869 Geneviève Halévy qui, des années plus tard, servit de modèle à Marcel Proust pour le personnage de la duchesse de Guermantes. Bizet chercha sans cesse à se perfectionner, allant jusqu'à détruire des oeuvres comme " la Guzla de l'Émir " (1862), un opéra en un acte, parce qu'elles ne répondaient pas à ses ambitions musicales. " Les Pêcheurs de perles, 1863 ; la Jolie Fille de Perth, 1866 ; Djamileh, 1871), marquèrent une étape nouvelle qui inaugurait une technique inédite et des perspectives plus vastes. Musique de scène, composée pour accompagner le drame d' Alphonse Daudet, l'Arlésienne (1872) connut un échec lors de ses premières représentations. La formule du drame musical ne touchait plus le public qui attendait davantage d'action et moins de paroles. Cependant Bizet trouva dans ce travail l'occasion d'approfondir les relations entre le texte et la musique. De plus, le nombre restreint de musiciens dans l'orchestre l'obligea à soigner particulièrement ses effets. Encouragé par Massenet, l'un de ses pairs, à ne pas abandonner son Suvre, Bizet tira de sa partition une suite d'orchestre qui s'imposa rapidement par la beauté de ses thèmes et la qualité de son orchestration. Comme l'Arlésienne, Carmen (1875) fut d'abord accueillie froidement. Halévy et Meilhac avaient écrit le livret à partir d'une nouvelle de Prosper Mérimée. S'ils avaient su tirer du personnage de Carmen un véritable mythe, la musique de Bizet leur était restée étrangère. Ils la jugeaient étourdissante et trop complexe. Seul Théodore de Banville eut, dès les premières représentations, l'intuition de la grandeur de cet opéra. Il publia dans le National, le 8 mars 1875, un article de fond, dans lequel il analysait la transformation des conventions lyriques à l'Suvre dans Carmen : le réalisme de la passion, la fonction dramaturgique de la musique, qui devenait un véritable porte-parole des tourments et emportements des personnages. Le succès n'arriva qu'après la mort du compositeur, le 2 juin 1875. Les musiciens les plus célèbres rendirent hommage à son oeuvre inventive : Wagner vanta la qualité des idées musicales de Bizet et Tchaïkovski déclara que Carmen traduisait " les efforts de toute une époque musicale " et qu'il était persuadé que dans dix ans ce serait " l'opéra le plus populaire ". Cette prédiction se réalisa en effet. Dépassant les limites du monde occidental, Carmen triompha en Chine et au Japon, et c'est l'opéra le plus joué aujourd'hui. Il fut adapté au cinéma par Cécil B. De Mille et par Charlie Chaplin et Roland Petit en tira un ballet. La musique de Bizet a inspiré des pianistes prestigieux, dont Ferrucio Busoni, qui reprit dans sa Sixième sonatine (1920), sous forme de fantaisie, les thèmes de Carmen. Nietzsche, pour sa part, exprima son enthousiasme au sujet de l'opéra de Bizet par cette phrase : " Cette musique me semble parfaite ! "
Cam.
Remerciements à Cam
Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 25 octobre