Le 24 octobre 1870, un décret donne la citoyenneté française aux juifs d'Algérie.
Dans la foulée, les colons originaires d'Europe (Italie, Espagne, Malte,...) sont aussi francisés en bloc. Quant aux musulmans d'Algérie, ils sont ravalés au statut d'indigène. Le décret est l'une des premières mesures du gouvernement républicain qui a succédé à l'empereur Napoléon III. Sa paternité revient au ministre de la Justice, Isaac Adolphe Crémieux (74 ans), un avocat intègre et estimé. Napoléon III préconisait en Algérie l'instauration d'un royaume arabe sous protectorat français, un peu comme il en ira plus tard avec le royaume du Maroc. Les républicains qui lui succèdent décident au contraire d'intégrer l'Algérie à la France. Avec le décret Crémieux, ils établissent une discrimination inédite entre les juifs et les musulmans. Les juifs algériens étaient établis en Afrique du Nord depuis le début de notre ère ou venus d'Espagne en 1492. Les musulmans, très majoritaires, sont issus des envahisseurs arabes, des populations kabyles et des esclaves enlevés sur les côtes européennes. Ils conservent le droit de demander la citoyenneté française mais doivent pour cela renoncer au statut coranique. Très peu vont faire usage de ce droit qui les coupe de leur milieu familial. Le décret Crémieux consacre en Algérie la rupture entre colonisés (musulmans) et colonisateurs (juifs indigènes et immigrants). Ces derniers devront tous quitter le pays après le cessez-le-feu du 19 mars 1962.
André Larané
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