Lettres en deuil !
Ce jour est encore l'anniversaire du décès d'un personnage qui me tient à
coeur aujourd'hui, puisqu'il s'agit de Mellin de Saint-Gelais, poète auquel
beaucoup de littérateurs ont fait une mauvaise réputation à cause de la
querelle qui l'opposa à Joachim du Bellay dans la "Defense et illustration
de la langue françoyse" publiée par ce dernier en 1549. Voici le texte
qui figure sur ma page poésie (http://www.musique-renaissance.com/poesie.htm).
Vous y trouverez en plus le portrait de Mellin et le liste des compositeurs
qui ont mis ses textes en musique.
Grand-père de Mellin, Pierre de Saint-Gelais eut plusieurs fils, parmi
lesquels Jacques, abbé de la Fresnade, et Octovien, poète et évêque
d'Angoulême. On ne sait pas lequel était vraiment le père de Mellin, quoique
les historiens s'accordent actuellement à reconnaître qu'il s'agit d'Octovien. Mellin grandit dans le palais épiscopal et y fut initié à
l'étude des lettres et des sciences. Il étudia ensuite le droit au collège
de Poitiers, avant de se rendre à Paris en 1509 et d'entreprendre la même
année son voyage en Italie. Destiné à l'origine à parfaire ses connaissances
en droit dans les universités de Bologne et Padoue, ce séjour italien le
mèna rapidement dans le monde aristocratique et galant, et lui permit de
révéler sa prédisposition pour la poésie, aussi bien française
qu'italienne.
Vers 1518, Mellin de Saint-Gelais dut rentrer à la Cour de France pour y
assumer le rôle de maître d'hôtel, et rentra peu après dans les ordres. En
1525, il fut probablement nommé aumônier du Dauphin, quoiqu'aucun acte ne
l'atteste. A partir de 1532, il est nommé abbé commendataire de Reclus,
charge qu'il cumule ensuite avec celle d'abbé de la Fresnade, dans laquelle
il succède à son oncle Jacques. C'est peut-être parce qu'il était de noble
origine que Mellin de Saint-Gelais, sans rien demander aux puissants,
récolta les charges comme Marot les ennuis : en 1536, il fut nommé "garde
de
la Librairie royale de Blois", bibliothèque qu'il géra si bien qu'elle
contenait 1800 à son départ en 1544.
Le déclin de Mellin de Saint-Gelais commence en 1548, à la publication de
l'Art poétique de Thomas Sébillet, attaqué l'année suivante par la Defense
et l'Illustration de la langue françoyse de Du Bellay, véritable pamphlet
contre la génération de Saint-Gelais et Sébillet, et surtout contre les
conceptions poétiques de cette génération. Cependant, Saint-Gelais garda les
faveurs de la Cour, organisant notamment les divertissements de
Saint-Germain-en-Laye pour le départ du roi en 1557. La tradition veut que
Mellin, qui était chanteur et luthiste lui-même, ait composé son chant
d'adieu peu avant de mourir. Il compta parmi ses amis des personnalités
aussi diverses que Clément Marot, François Rabelais, Erasme ou Jacques
Lefèvre d'Etaples.
Deux musiciens ont particulièrement apprécié les textes de Mellin de
Saint-Gelais : Jacques Arcadelt, mort exactement dix ans après lui a mis quatorze de ses poèmes en musique,
et mon "ami virtuel" Pierre Certon, né entre 1510 et 1515 et mort le
23
février 1572, en a utilisé dix.
Olga
Remerciement à Olga et à son site : Musique et poésie Renaissance
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