Nettoyage en douceur !
Ceci se passait un 12 octobre à Paris. Nous sommes en 1945. La Libération. La célèbre actrice Marie Bell est interrogée par un colonel Français à propos de ses activités vis-à-vis de l'Occupant. Bien sûr elle a été membre depuis Août 1944 d'un Comité d'épuration dirigé par Pierre Dux, mais c'était une réaction de prévention contre d'éventuelles accusations. La Comédie Française s'auto-purifiait ainsi des miasmes nostalgiques de l'Occupation par un simulacre de " résistance ". En réalité, comme beaucoup d'artistes dans tous les domaines elle a été « fréquentée » par l'occupant qui tentait de s'amuser et de rencontrer la société « culturelle » française. Ainsi elle accepta une invitation à l'Ambassade d'Allemagne en mars 1941, en présence de Brinon, Corinne Luchaire, Sacha Guitry et le gratin mondain d'alors. Ce qui fait écrire à Céline (un de ses proches qui aimait plaisanter) ce ragot de deuxième main à Henri Mahé : " Il ressort que c'est Mme Abetz (et Marie Bell) qui fait la politique et la dirige avec Tinou et Mlle Luchaire " (La Brinquebale avec Céline). Ce ne doit pas être la seule fois où Marie Bell, comme bien d'autres, s'est trouvée en présence d'officiels ou d'officiers allemands. La Comédie Française était un de ces lieux très prisés par les Occupants, un mythe bien en chair de la " culture française ", et d'agréable compagnie. Donc ce 12 octobre, à un colonel français qui lui reproche doucement (ce n' est pas un interrogatoire officiel il faut mettre des gants avec la Comédie Française !) d'avoir été trop fréquentée par l'occupant, elle répond de façon cinglante : « Ce ne serait pas arrivé si vous ne les aviez pas laissé entrer ! ».
Cam.
Remerciements à Cam
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