La mort d'un chef de guerre
Né du martyr de Jean Huss, le mouvement hussite souleva toute la Bohême. Le 30 juillet 1419, une foule en délire envahissait les rues de Prague et procédait à la défenestration de notables catholiques. Ainsi commençait dix-huit années de guerre hussites. Rassemblés derrière la bannière au Calice (qui symbolisait leur volonté de retourner à la communion sous les deux espèces), les hussites se donnèrent une forme de programme commun (les Quatres Articles) et recrutèrent une armée capable de les défendre contre les impériaux de Sigismond, le frère de Venceslas IV. Leur chef était Jean Ziska, seigneur de Trocnov, une tête froide, borgne puis aveugle, Ziska se révéla d’une audace et d’une ingéniosité stupéfiantes. N’ayant pas le temps de former des cavaliers, il se borna à constituer une infanterie. La discipline était impitoyable ; la moralité la plus stricte était exigée. Ziska faisait la chasse aux « hommes sans foi, sans discipline, menteurs, voleurs, pillards, ivrognes, jureurs, débauchés, adultères ». Avant de livrer combat, les hommes communiaient sous les deux espèces, puis ils montaient en ligne en chantant des cantiques. Mais Ziska mourut au combat le 11 octobre 1424. Ses hommes se surnommèrent les Orphelins. Pourtant, « frère Zisca du Calice » reçut un successeur digne de lui, Procope le Grand.
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