Condamnation à mort, en France, du collaborateur, Pierre Laval.
Né en 1883, fils d'un petit cafetier d'Auvergne, Pierre Laval dut travailler pour payer ses études qui lui permirent, en 1907, de s'inscrire au barreau de Paris. Venu de l'extrême gauche, mais dépourvu d'idéalisme, il s'affranchit de tous les partis pour faire carrière grâce à des amitiés personnelles. Avocat, conseiller de nombreux syndicalistes, il est élu député en 1914 puis maire d'Aubervilliers en 1923, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort. Plusieurs fois ministre après la guerre (14 18), il est président du Conseil en 1931. La crise économique gagne la France. De nouveau ministre du Travail avec Tardieu et des Colonies sous Doumergue, il succède à Barthou (après son assassinat, cfr Chronique ci-dessus, le 9 Octobre 1934) au ministère des Affaires étrangères et redevient président du Conseil en 1935. Face à Hitler, il veut assurer à la France l'alliance de l'Italie (janv. 1935) et celle de l'U.R.S.S. (mai 1935). Staline décrète alors le ralliement des communistes français à la politique de défense nationale. Laval a peut-être donné à Mussolini l'assurance de ne pas l'inquiéter dans l'affaire d'Éthiopie. Mais celle-ci fera tomber Laval en janvier 1936, alors qu'il s'était maintenu au pouvoir en dépit de sa politique monétaire de déflation et d'économies budgétaires, facteur de mécontentement dans l'opinion et surtout chez les fonctionnaires. Se prononçant contre la déclaration de guerre à l'Allemagne, il revient au premier plan après l'armistice. Le 23 juin 1940, ministre d'État, il fait intervenir le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, vote qui a lieu le 10 juillet à Vichy ; il devient alors vice-président du Conseil. Persuadé de la victoire de l'Allemagne, il provoque la rencontre de Montoire entre Pétain et Hitler, d'où sortira la politique de collaboration (24 oct. 1940). Le 13 décembre, renvoyé par le maréchal, il reviendra au pouvoir le 17 avril 1942. Rappelant qu'il n'a pas eu de responsabilité dans l'armistice, il obtient du maréchal la mission de changer les institutions et de gérer les relations avec l'occupant. Mais le maréchal et Laval s'entendent mal. Laval, en cumulant la direction du gouvernement, les Affaires étrangères, l'Information et l'Intérieur, est cette fois le véritable chef de l'État. Persuadé des difficultés de la collaboration, Laval s'engage dans une longue série de marchandages pour limiter les exigences de l'occupant. C'est la "relève" puis le Service du travail obligatoire. Mais, en même temps, son gouvernement prend des mesures de répression contre les juifs et contre les résistants. Les extrémistes de la collaboration attaquent aussi Laval. À Vichy même, son passé de "politicien", son style, ses intrigues lui attirent peu de sympathies. Il est impopulaire auprès des Français. Laval n'est pas l'inventeur de la révolution nationale, mais il s'en sert à l'occasion. Dans l'Histoire, le nom de Laval est lié à la politique de collaboration et à ses plus tragiques modalités. Les Alliés étant parvenus aux portes de Paris, Laval tente une ultime manSuvre politique en essayant d'obtenir d'Herriot, jusque-là en résidence surveillée, la réunion du Parlement. Les Allemands l'entraînent vers Belfort et Sigmaringen. Il s'y considère comme prisonnier. En mai 1945, il gagne l'Espagne par avion, mais est remis aux autorités françaises. Son procès porte à leur comble les passions politiques et partisanes. La retenue manifestée à l'égard de Pétain est balayée par la haine générale. Condamné à mort le 9 octobre, Laval s'empoisonne dans sa cellule. Agonisant, il est néanmoins fusillé.
Cam.
Remerciements à Cam
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