Mort littéraire !
Mort de Jean Giono, à l'âge de 75 ans, écrivain français, dont les romans ont pour cadre et peut-être même pour personnage principal la Provence. Il était né à Manosque, en Provence. D'origine modeste, il ne put poursuivre ses études que jusqu'à la classe de seconde. Embauché comme coursier dans une banque, il compléta en autodidacte sa formation initiale, lisant Homère, Virgile, Dante, Cervantès, Shakespeare, Baudelaire, Stendhal et Flaubert. En 1915, mobilisé, il participa, à son corps défendant, à un conflit dont il raconta l'horreur et l'absurdité dans le Grand Troupeau, roman publié en 1931. C'est après la guerre que Giono commença à écrire. Son premier roman, " Naissance de l'Odyssée ", était profondément inspiré par l'Antiquité. Mais c'est en célébrant le pays de sa naissance que Giono atteignit soudainement au succès et à la notoriété, avec les trois romans de la trilogie de Pan : " Colline " (1929), " Un de Baumugnes " (1929) et " Regain " (1930). Dès lors, il abandonna son emploi à la banque pour se consacrer pleinement à l'élaboration de son Suvre : " le Grand Troupeau " (1931), d'abord, où les visions hallucinées de la violence destructrice alternent avec un hymne à la nature et à la vie, puis " Jean le Bleu " (1932), " Solitude de la pitié " (1932), " le Chant du monde " (1934) et " Que ma joie demeure " (1935), qui sont autant d'incantations panthéistes à la nature provençale. Le succès littéraire de Giono lui conféra une grande autorité sur le plan littéraire, surtout auprès de ceux qui étaient séduits par ses hymnes à la vie simple et naturelle : c'est ainsi que se forma presque spontanément autour de lui le " mouvement du Contadour ", mouvement pacifiste condamnant la civilisation moderne. C'est d'ailleurs à cause de son engagement pacifiste que Giono fut arrêté en septembre 1939, dès la déclaration de guerre. Ainsi dispensé de combattre, il fut de nouveau emprisonné à la Libération pour collaboration. Cette injustice absurde le laissa amer et renforça sa méfiance envers la nature humaine, qui se faisait déjà jour dans les romans généreux de sa première période. À partir de 1948, il publia quatre romans d'un cycle qui devait à l'origine être plus important, le " cycle du Hussard " : " Mort d'un personnage " (1948), " le Hussard sur le toit " (1951), " le Bonheur fou " (1957) et " Angelo " (1958). Angelo est un hussard piémontais et exilé politique dans les années 1830. Parallèlement, Giono fit paraître des récits plus courts, " Un roi sans divertissement " (1947), " les Grands Chemins " (1951), " le Moulin de Pologne " (1952) ainsi que " Ennemonde " (1968) et " l'Iris de Suze " (1970), qui sont ses deux derniers écrits. Ces " chroniques " comme les appelait Giono offrent l'image d'un monde noir, dominé par une misère et un ennui tels que seules la cruauté et la destruction peuvent y faire diversion. " Noé " (1948) et " les Âmes fortes " (1950) se présentent comme des récits originaux et novateurs qui préfiguraient certains aspects du nouveau roman. Jean Giono est mort à Manosque le 9 octobre 1970. Des dizaines de romans ont été adapté pour le Cinéma.
Cam.
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