La France se lessive !
Ce jour débute le procès de Laval celui qui fut à la tête du gouvernement de Vichy et qui a déclaré le 22 juin 1941 " Je souhaite la victoire de l'Allemagne parce que, sans elle, le bolchevisme demain s'installerait partout ". Les Américains l'ont arrêté à Innsbruck, en Autriche et l'ont livré au gouvernement français. Il est condamné à mort sans appel et sera fusillé le 15 octobre. Né le 28 juin à Chateldon, en Auvergne, Pierre Laval devient avocat au barreau de Paris avant de se lancer dans la politique. Il est élu député socialiste d'Aubervilliers en 1914 et sénateur en 1927. Plusieurs fois ministre, il se retrouve à la tête du gouvernement en 1931. Il y reste un an et l'on s'accorde à louer sa vive intelligence et son amour de la patrie. Ministre des Affaires étrangères en 1934 puis de nouveau président du Conseil en juin 1935, il négocie un traité avec Mussolini et signe un pacte d'assistance mutuelle avec Staline. Il cherche à se rapprocher de l'Italie pour la maintenir hors du champ hitlérien mais il se heurte alors à l'opposition de l'Angleterre et de la gauche. En juin 1940, Pierre Laval est partisan de l'armistice et devient naturellement ministre d'Etat puis vice-président du gouvernement formé par le maréchal Pétain. Persuadé de pouvoir manoeuvrer n'importe qui, même Hitler, il s'efforce de marchander avec les Allemands pour atténuer les rigueurs de l'occupation. Ce choix lui impose de prendre des mesures humiliantes, inhumaines : arrestation des Juifs, Service du Travail Obligatoire... En août 1944, il est emmené sous escorte à Sigmaringen, où le maréchal Pétain et ses ministres sont assignés à résidence. Après la débâcle du IIIe Reich, Laval devient un proscrit. Arrêté, il comparaît devant la Haute Cour le 4 octobre 1945, accusé de complot contre la sûreté intérieure de l'Etat et d'intelligence avec l'ennemi. Son procès, qui suscitera des déchaînements de passions, sera bâclé : condamné à mort, Laval essaiera de s'empoisonner ; ranimé, il sera fusillé le 15 octobre dans la cour de la prison de Fresnes.
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