La Guinée devient indépendante.
Petit pays de 245.857 kms², la Guinée s'étend en arc de cercle depuis l'océan Atlantique. Elle est entourée par la Guinée-Bissau, le Sénégal, le Mali, la Côte-d'Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone. Création artificielle surgie de la compétition entre les deux principales puissances coloniales, France et Grande-Bretagne, elle regroupe des régions naturelles bien différenciées et largement complémentaires, dont les caractéristiques géographiques et humaines constituent une sorte de microcosme de l'Afrique de l'Ouest. Peuplé de 5.700.000 habitants (en 1990), le nouvel État, devenu indépendant le 2 octobre 1958, s'est lancé d'abord dans une " révolution " qui se voulait exemplaire sous la direction de son " responsable suprême ", Ahmed Sékou Touré, qui domina la vie politique de 1945 à 1984. Président de la République, secrétaire général du parti unique, de fait inamovible, Sékou Touré avait organisé un régime politique quasi sans équivalent, le parti-État, qui ne lui survécut pas. Les militaires sont désormais à la tête d'une IIème République. Objet d'admiration pour avoir été la première colonie française à prendre son indépendance sans guerre de libération et pour s'être faite promotrice, avec le Ghana, de l'unité africaine, la Guinée a provoqué maints jugements contradictoires et les plus expresses réserves par sa politique intérieure et extérieure, surtout depuis 1965. Classé parmi les plus pauvres de la planète, le pays recèle pourtant des richesses minières considérables. Pendant trois décennies et demie, son régime politique sous Sékou Touré et depuis lors n'a pas réussi à améliorer de manière appréciable les conditions de vie de sa population, dont une grande partie demeure expatriée pour des raisons tant politiques qu'économiques. Prônant d'abord une révolution " non capitaliste " puis, depuis dix ans, le libéralisme économique, il s'efforce d'exploiter le sous-sol avec le concours intéressé des puissances capitalistes et socialistes. Le défi majeur demeure : utiliser au mieux l'important pactole procuré par l'exploitation des mines pour que la Guinée voie son économie décoller et le sort de ses habitants s'améliorer, tout en respectant les droits fondamentaux de la personne humaine. En 1992, la Guinée était classée par le Programme des Nations unies pour le développement (P.N.U.D.) au dernier rang de tous les pays, au regard de l'indicateur composite de développement humain (espérance de vie, éducation, revenu).
Cam.
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