La Cagoule existe !
Ce jour le journaliste Maurice Pujo révèle à la France ce qu'il appelle " la Cagoule " . C'est un groupe du parti national révolutionnaire d'extrême droite qui a été fondé en 1935 par le polytechnicien Eugène Deloncle. Le public stupéfait apprend que les attentats et les meurtres qui ont ponctué la vie politique depuis deux ans sont leur faits. En 1936, elle s'est associée l'organisation secrète d'action révolutionnaire nationale, qu'on appellera le CSAR, dirigée par le général d'aviation Arthur Duseigneur et son ami le duc Pozzo di Borgo. Leur ambition est simplement de renverser le régime républicain. Ils ont été exécutés Jean-Baptiste Maurice, Dimitri Navachine, Maurice Juif, Lætitia Tonneaux, les frères italiens antifascistes Rosselli. C'est à eux aussi que l'on doit les plasticages de la place de l'Étoile et de l'aéroport de Toussus-le-Noble. C'est à eux encore que l'on doit les bombes qui ont explosé rue de Presbourg, à la Confédération générale du patronat français, et rue Boissière, au siège de l'Union des industries métallurgiques. Les cagoulards sont arrêtés.
Vu par Lodace
La Cagoule est une organisation française clandestine d'extrême droite qui tenta, entre 1935 et 1937, de renverser le régime parlementaire par une série d'attentats. La Cagoule est l'une de ces organisations aux frontières du banditisme et du terrorisme politique dont les années 1930 connurent la multiplication. Ce Comité secret d'action révolutionnaire, fondé par Eugène Deloncle en 1935, recrutait parmi les anciens combattants et parmi les ligues fascistes françaises. Elle noyauta l'armée française, compromettant le maréchal Franchet d'Esperey appelé à exercer, une fois la république renversée, le pouvoir. Violemment anticommuniste, antiparlementaire et antisémite, la Cagoule fit assassiner entre autres les frères Rosselli, militants antifascistes italiens réfugiés en France. L'arrivée du Front populaire au pouvoir et le début de la guerre d'Espagne, qui leur fournissait l'exemple édifiant de Franco, stimulèrent les ardeurs des cagoulards : pour faire croire (selon une méthode qui avait fait ses preuves en Allemagne en février 1933) à un complot bolchevique, ils incendièrent le siège de deux organisations patronales et participèrent par ailleurs à la campagne contre Roger Salengro. Mais le successeur de ce dernier au ministère de l'Intérieur, Marx Dormoy, fit arrêter les cagoulards et démantela leur organisation. Ceux-ci, dont Deloncle ou Darnand, surent se souvenir de lui et le firent exécuter pendant l'occupation allemande, dont ils furent des cadres dirigeants créant, par exemple, la Milice et réveillant leurs réseaux clandestins à la faveur de l'État français. La destinée posthume de la Cagoule fut à l'image de son existence effective : celle d'un groupe violent d'activistes haineux et racistes. Le procès de la Cagoule eut lieu à la Libération. Il fit bien paraître le caractère redoutable du complot de 1937 ; cette machine de guerre contre le régime parlementaire ne manque ni de chefs de valeur, ni d’exécutants déterminés. Peu d’organisations d’extrême droite disposèrent d’une mécanique insurrectionnelle aussi élaborée. Elle inaugura un terrorisme contre-révolutionnaire dont la flambée O.A.S. devait constituer un autre exemple dans l’histoire contemporaine de la France.
Cam.
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