LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


18 NOVEMBRE


1802


L’Interdit !

L'assemblée nationale vote une loi qui interdit le port du pantalon aux femmes. Le but est qu'elle ne se fasse pas passer pour des hommes, soit dans les distributions gratuites de pain, de vivres, soit lors de la recherche d'un travail, soit pour embarquer sur des navires réservés aux forçats « masculins » ! C'est pourtant au début de la Révolution que la France adopta le pantalon. Il faudra cependant attendre 1830 pour qu'il soit véritablement accepté et d'usage courant comme vêtement de ville. Sous le sobriquet de "tuyau de poêle", il adoucit les complexes des hommes et femmes en cachant les imperfections éventuelles de leurs jambes. Les filles du peuple, ouvrières ou paysannes, n'en porteront toutefois pas pendant longtemps, suivant l'assertion populaire selon laquelle : "une fille qui porte des pantalons est une fille qui se conduit mal", car "une femme honnête a les genoux sales". Il faudra attendre un siècle et demi pour que cette aberration soit supprimée. En principe, depuis le 26 brumaire an IX de la République (18.11.1802), « toute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l'autorisation, et celle-ci ne peut être donnée qu'au vu d'un certificat d'un officier de santé ». Ces autorisations furent très rares : entre 1850 et 1860, il n'en a été délivré que 12 dont le peintre féminin Rosa Bonheur, mais aussi, Margueritte Bellanger, maîtresse de Napoléon III, afin de lui permettre d'accéder discrètement aux Tuileries, Madame Dieulafoy, exploratrice effectuant des fouilles en Orient et une femme à barbe.
Marie-Rosalie dite Rosa Bonheur, est un peintre et sculpteur, née à Bordeaux le 22 mars 1822. Elle eut d'abord comme maître son père, Raymond Bonheur. Toute enfant, elle faisait preuve d'une extraordinaire habileté pour dessiner les hommes et les animaux. Ce fut dans le Bois de Boulogne, qui possédait encore son côté sauvage, qu'elle fit ses premières études, ses premiers croquis. Jeune fille, elle prit des vêtements d'homme pour fréquenter les abattoirs, les foires, se mêlant aux maquignons, aux toucheurs de boeufs.  «Le marché aux chevaux», toile qui parut au Salon de 1853, la plaça au premier rang des peintres modernes. Elle fut faite Chevalier de la Légion d'Honneur en 1865 et Officier en 1894. Elle était également Commandeur de l'Ordre d'Isabelle la Catholique et de l'Ordre de Léopold de Belgique. Son père, Raymond, puis son frère, Auguste, propriétaire d'une maison à Magny-les-Hameaux l'aurait accueillie occasionnellement. Elle mourut à Melun en 1899. Elle a donné son nom à l'école primaire située au village, non loin de la demeure où vécut son frère Auguste.
Les historiens ont pu montrer que la bicyclette a changé les modes et les taux de nuptialité dans les campagnes : c'est grâce à elle, ou à cause d'elle, que l'on a cessé de se marier dans le village et que les champs de relations se sont étendus à l'ensemble du département. Elle a joué un rôle décisif dans l'histoire du féminisme, ne serait ce que parce qu'elle a banalisé le port du pantalon. Elle a été, avec le téléphone, un moyen de briser le carcan familial ou villageois. Un objet technique n'est jamais totalement bon ou mauvais, mais il remet toujours en cause un certain équilibre politique et culturel !

Cam.
Remerciements à Cam


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