Naissance de Jean le Rond d’Alembert
Paris : Le premier volume de l’ « Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers », vient de paraître (avril 1851). Vendu par souscription il s’agit de la première livraison d’une série de huit volumes et de plus de six cent planches illustrées. L’idée en vient à deux libraires parisiens qui, en 1745, projettent de traduire de l’anglais la « Cyclopédia » le Dictionnaire universel des arts et des sciences de Chambers paru à Londres dès 1723. Ils obtiennent d’abord le soutient du chancelier d’Argenton qui, en 1746, leur scelle le privilège du roi et ils proposent à Denis Diderot d’en prendre la direction. Mais l’idée de traduire ne tente guère ce dernier ; aussi soumet-il un plan destiné à présenter à l’honnête homme la somme des connaissances de son temps. Il s’entoure de nombreux collaborateurs aux noms déjà illustres, comme Montesquieu pour la politique, Buffon pour la nature, Quesnay puis Turgot pour l’économie, d’Holbach pour les mathématiques, La Condamine pour les sciences, Des Brosses pour l’Histoire, Rousseau, etc. Toutefois, l’affaire ne serait pas faite sans l’entente de trois hommes : Diderot, d’Alembert et le chevalier de Jaucourt. Ce dernier, resté dans l’ombre, se révèle vite la cheville ouvrière du projet. Jean Le Rond d’Alembert est né le 16 novembre 1717. Il se consacre très tôt aux mathématiques et publie de nombreux ouvrages. C’est à ce titre que Denis Diderot l’appelle à corriger l’ « Encyclopédie », pour laquelle, il rédige le « Discours préliminaire » paru dans le premier tome, véritable déclaration d’intention des auteurs. …
Vision de Lodace
La naissance sur les marches d’une église, d’un des grands philosophes, d’Alembert.
Fils illégitime d’un écrivain français, Claudine Guérin de Tencin, d’Alembert a été abandonné à sa naissance sur les marches d’une église (église Saint-Jean-le-Rond) à Paris. D’où son nom. Jean le Rond d’Alembert. Recueilli par l’épouse d’un vitrier sans enfant, il vécut avec sa mère adoptive jusqu’à l’âge de 48 ans ! Son père, le Chevalier Destouches, fit en sorte de subvenir à ses besoins et de lui prodiguer la meilleure éducation possible. Il fit des études au collège Mazarin, où il excella en mathématiques, physique et astronomie. À 22 ans, il écrivit son 1er livre " Mémoire sur le calcul intégral " (1739). Astronome à l’Académie des Sciences à 24 ans, il inaugura une nouvelle ère de la mécanique par son " Traité de dynamique " (1743), qui assura définitivement sa célébrité. Il est fondé sur la théorie connue aujourd'hui sous le nom de principe de d'Alembert, que l'auteur découvrit à l'âge de vingt-six ans. En vertu de ce principe, les forces d'inertie internes d'un système isolé sont égales et opposées aux forces responsables de l'accélération du système. Ses Réflexions sur la cause générale des vents (1746) contiennent la première théorie sur la résolution des équations différentielles aux dérivées partielles. En 1749, il proposa la première solution analytique de la précession des équinoxes. En 1750, il s'associa à Denis Diderot pour éditer l'Encyclopédie, dont il rédigea le Discours préliminaire s'inspirant de la philosophie empiriste de John Locke. Bien qu'il se soit retiré de la rédaction en 1758 en raison de l'ingérence du gouvernement dans la publication de l'ouvrage, d'Alembert continua par la suite à fournir des articles sur la science et la philosophie. Son article sur Genève incita Rousseau à écrire sa célèbre Lettre à d'Alembert sur les spectacles (1758). Citons aussi les Éléments de musique théorique et pratique suivant les principes de M. Rameau (1752), les Mélanges de littérature et de philosophie (1753) et l'Essai sur les éléments de philosophie (1759). Condorcet publia sa correspondance avec Voltaire (1754). Il est mort le 29 Octobre 1783. J’en ai parlé dans les Chroniques de ce jour. Vous pouvez vous-y référer.
Vision de Cam.
Remerciements à Cam
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