LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


11 NOVEMBRE


1918


Signature de l’Armistice de 1918.

Compiègne : Le président de la délégation allemande, Matthias Erzberger, signe l’armistice entre son pays et les puissances alliées en forêt de Compiègne, dans le wagon-restaurant qui sert de quartier général au maréchal Foch et qui a été arrêté au carrefour de Rethondes. Après la série d’armistices signés par la Bulgarie, la Turquie et l’Autriche-Hongrie, et après l’abdication précipitée du kaiser Guillaume II, le haut état-major allemand et le gouvernement se sont ralliés à cette solution. L’Allemagne étant « à la merci des vainqueurs », selon le mot de Foch, il n’y a pas eu de réelles négociations. Elle s’en gage à livrer 25 000 mitrailleuses, 5 000 canons, 1 700 avions, ses sous-marins et sa flotte. En attendant la conclusion d’un traité de paix, la rive gauche du Rhin sera évacuée et les têtes de pont occupées en rive droite par les alliés.
A 11 heures précises, ce jour, les armes se taisent. La guerre dure depuis plus de quatre ans. Le généralissime des armées alliées, le maréchal Foch, donne cet ordre du jour : " Vous avez gagné la plus grande bataille de l'histoire et sauvé la cause la plus sacrée, la liberté du monde. " Clemenceau, quant à lui, en tant que président du Conseil déclare à 16 heures devant la Chambre : " En cette heure terrible, grande et magnifique, mon devoir est accompli... Au nom du peuple français, au nom de la République française, j'envoie le salut de la France, unie et indivisible, à l'Alsace et à la Lorraine retrouvées. "L’importance de cet événement dans l’Histoire du XXème siècle est prépondérante. Car il " prépare " le terrain à la seconde Guerre Mondiale et de ce fait à l’affrontement entre les Communistes et les Occidentaux et donc aux 40 années de Guerre Froide qui s’ensuivirent .

Vu par Lodace

En Juillet 1818, vaincus à terme, les généraux allemands ne songent plus qu’à hâter la conclusion de l’armistice. Ils voudraient le signer avant que l’adversaire ne mesure sa victoire avec exactitude, avant qu’il ait reconquis le territoire français. L’armistice demandé par les Bulgares, le 26 septembre, donne l’occasion attendue, d’autant plus que l’armée turque a été anéantie par les Anglais à Megiddo et que, sur le front italien, tout laisse présager que le général Diaz réussira à enfoncer l’armée austro-hongroise, démoralisée par la désertion de nombreux contingents slaves. Elle fut effectivement vaincue à Vittorio Veneto, le 25 octobre, ce qui entraîna Charles Ier à demander l’armistice de Villa Giusti, puis à abandonner son trône. L’état-major allemand exigeait du chancelier Georg von Hertling qu’il demande l’armistice : ignorant la situation réelle des forces impériales, la menace anglaise sur Cambrai, l’avance de Gouraud et des Américains en Champagne et en Lorraine, le chancelier ne comprenait pas les raisons de cette précipitation. Il fut remplacé par un libéral, le prince Max de Bade, dont la présence à la chancellerie cautionnerait la volonté de paix des dirigeants allemands. Les socialistes acceptèrent de participer à son cabinet quand ils surent la vérité sur la situation militaire. Ils voulaient " mettre fin à la guerre et sauver l’Allemagne ". Wilson répondit aux premières demandes de pourparlers, au début d’octobre, par un appel au renversement du Kaiser. Ludendorff démissionna aussitôt, accréditant le mythe d’une trahison des civils : Guillaume II refusant d’abdiquer, les socialistes menacèrent de démissionner. Ils déclarèrent que la personne de Guillaume II était le seul obstacle à la conclusion d’un armistice. Il y eut, aussitôt, des manifestations en faveur de la paix. Le 3 novembre, des mutineries éclatèrent à Kiel : les marins refusaient de livrer une bataille " pour l’honneur ". Les socialistes chantaient l’Internationale et affirmaient leur volonté de renverser le régime. Avec les ouvriers, ils formèrent des soviets et, malgré les efforts des ministres sociaux-démocrates (Ebert, Scheidemann, Noske...), la vague révolutionnaire gagna toute l’Allemagne. Le 9 novembre, Guillaume II était contraint d’abdiquer. Max de Bade avait abandonné le pouvoir aux socialistes : ce seraient eux qui endosseraient les frais de la défaite. Loin de se douter de l’étendue de leur victoire, les Alliés hésitaient à conclure. Ils s’y décidèrent par peur que la fortune ne tourne. Foch craignait aussi que la prochaine offensive n’avantageât les Américains, mieux placés pour entrer en Allemagne, et qui passeraient pour les vainqueurs de la guerre. Ainsi, les Allemands ne connurent pas la guerre sur leur territoire ; ayant campé pendant quatre ans en terre ennemie, ils imaginaient mal qu’ils étaient vraiment vaincus. L’Armistice fut signé le 11 novembre à 5 heures du matin, dans un train stationné près de la gare de Rethondes, en forêt de Compiègne. Les hostilités cessèrent le matin même à 11 heures sur le front de l'Ouest. Suivant les termes de l'armistice, les Allemands remirent aux Alliés la plus grande partie de leur flotte, soit 10 navires de combat, 17 croiseurs, 50 torpilleurs et plus de 100 sous-marins. Toute la flotte à l'exception des sous-marins fut rassemblée à Scapa Flow en novembre 1918, les officiers et les équipages allemands restant à bord. Le traité de Versailles (1919) stipulait que les navires capturés deviendraient la propriété permanente des Alliés, ceux encore en possession de l'Allemagne devant également leur être remis. En réaction à ces mesures, les Allemands sabordèrent leurs bateaux retenus à Scapa Flow le 21 juin 1919. Mais le bilan de cette 1ère Guerre mondiale est particulièrement noir. La Première Guerre mondiale fut avant tout une guerre de tranchées, particulièrement sur le front occidental, mais aussi sur les fronts russo-turc et austro-italien. Guerre de position, elle vit s'affronter les adversaires jusqu'à l'épuisement des infanteries. Les innovations techniques (artillerie mobile, sous-marins, chars et aviation) font pourtant de ce conflit la première "grande guerre moderne". Son achèvement rapide lors des campagnes de France, en 1918, s'explique en partie par l'emploi généralisé de ces techniques, qui redonnèrent au front sa mobilité. La Première Guerre mondiale fut une guerre industrielle et la victoire revint finalement à l'alliance disposant du plus puissant appareil industriel. Le maintien intact de l'appareil de production allemand au lendemain de l'armistice laissa aux vainqueurs le sentiment d'une guerre inachevée. Par contre au niveau allemands, les exigences des vainqueurs créèrent un sentiment d’injustice qui favorisa un esprit favorable à la naissance du nazisme et à la 2ème Guerre Mondiale. La Première Guerre mondiale vit l'essor prodigieux de la production d'avions, de ballons stationnaires et de dirigeables à des fins militaires. La France disposait de 162 avions en 1914 et de 11836 en 1918 (les autres pays connurent une évolution comparable). Ils répondaient à un double usage : l'observation et le bombardement. Les belligérants firent un usage extensif du ballon captif pour observer les fronts stationnaires, les dirigeables servirent à la reconnaissance en mer, tandis que les avions furent utilisés pour les reconnaissances côtières. En liaison avec les opérations militaires terrestres, l'aviation servit à observer les dispositifs de défense des adversaires ou pour bombarder les lignes ou les troupes ennemies en action. Les avions et les dirigeables effectuèrent également de nombreux raids sur les villes et les usines situées loin derrière les lignes ennemies. La Première Guerre mondiale commença le 28 juillet 1914 et prit fin le 11 novembre 1918, après plus de quatre années de combats, alors que tous les belligérants avaient imaginé une guerre courte. Son coût total a été estimé à 2500 milliards de francs-or. Le nombre des victimes s'éleva à plus de 8 millions de militaires et plus de 13 millions de civils. Une véritable boucherie ! Avec 1,8 million de morts, l'Allemagne paya le plus lourd tribut, juste devant la Russie (1,7 million) et la France (1,4 million). Les pertes furent particulièrement sévères dans ce pays qui supporta sur son sol les plus violents combats (7 p. 100 du territoire ravagé). Dans tout le nord-est de la France, les infrastructures urbaines, industrielles et agricoles furent totalement détruites. La mort d'un quart des Français âgés de dix-huit à vingt-sept ans eut des conséquences démographiques à long terme. Les clauses de l’armistice (11 nov. 1918) parurent très dures aux allemands : reddition de la flotte de guerre, évacuation de la rive gauche du Rhin, livraison de 5 000 canons et 30 000 mitrailleuses, etc. En réalité, elles étaient bénignes, compte tenu des dévastations causées en territoire ennemi ; mais les militaires qui les avaient préparées les jugeaient satisfaisantes parce qu’ils croyaient avoir détruit l’armée allemande. Ils n’en avaient détruit que l’apparence, parce que, soldats d’esprit et de métier, ils n’avaient pas encore compris que la force d’une nation réside dans la puissance industrielle. En outre, faisant passer désormais l’esprit de parti avant le ressentiment patriotique, ils ménageaient volontairement les dirigeants allemands pour qu’ils fassent rempart contre le bolchevisme. La Première Guerre mondiale marqua la fin du cycle pluriséculaire de la domination européenne sur le monde. Ruinées par le conflit, les vieilles nations européennes virent émerger les États-Unis comme première puissance économique mondiale. Malgré l'espoir d'une paix définitive qu'avaient fait naître les traités, la Première Guerre mondiale portait en elle le germe d'un conflit encore plus dévastateur. Les puissances européennes victorieuses cherchèrent à obtenir des Empires centraux des réparations d'un montant égal au coût total de la guerre et se distribuèrent les territoires et les possessions des vaincus, en vertu d'accords secrets conclus avant l'entrée en guerre des États-Unis. Au cours des négociations de paix, le président Wilson tenta d'abord d'obtenir l'acceptation de la totalité de son programme en quatorze points, mais finalement afin d'obtenir l'appui des Alliés à la création de la Société des Nations, il n'insista plus sur certains points. Les traités de paix signés à Versailles, Saint-Germain, Trianon, Neuilly et Sèvres, dans l'ensemble, furent en fait de véritables diktats imposés par les puissances victorieuses. Ils provoquèrent de profonds ressentiments et des troubles sociaux parmi les vaincus, et même chez certains vainqueurs dont les revendications ne furent pas entièrement satisfaites, comme l'Italie. La volonté de révision des traités de la part de ces pays provoqua, à terme, la résurgence d'un militarisme et d'un nationalisme agressif.

Vu par Cam.
Remerciements à Cam


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