LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


11 NOVEMBRE


1813


Philo né !

Il y a presque 200 ans, le 11 novembre 1813, naissait le philosophe Søren Kierkegaard (mort en 1855). Voici à cette occasion un texte sur Kierkegaard et la musique. C'est la version texte seul de la page de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Paris)
[D'après Gregor Malantschuk, "Index Terminologique (Mozart/Musique)", dans le vol. 20 des Oeuvres Complètes de Søren Kierkegaard, Paris, Éditions de l'Orante, 1986, p. 91-92]
«Kierkegaard fait vraisemblablement connaissance avec les opéras de Mozart (1756-1791) dès l'automne 1835. Sa musique exerçait sur lui une grande séduction ; aussi bien conclut-il que les trois opéras célèbres : "Figaro" [Cherubino], "La Flûte enchantée" [Papageno] et "Don Juan" illustrent proprement les trois échelons du stade immédiat ; le premier représente 'éros de l'Orient, le second l'éros grec, tandis que le dernier traduit la protestation de l'éros immédiat contre le christianisme. En janvier 1837 Kierkegaard rédige l'importante note suivante : «Ce soir je vais voir pour la première fois "La Flûte enchantée" qui, me semble-t-il, doit avoir un sens par rapport à "Don Juan" et remplir un stade entre ce dernier et le page de "Figaro". Je crois en effet que dans ces trois stades Mozart montre à la perfection la progression de l'amour sur le plan immédiat». Dans la même note Kierkegaard décrit en détail le contenu précis des «trois stades» et leur rapport réciproque. Ces réflexions sont reprises et développées par le pseudonyme A dans Les stades immédiats de l'éros ou l'éros et la musique ("Ou bien ... Ou bien"). Pour Kierkegaard «l'objet absolu» de la musique est la «génialité sensible», représentée par Don Juan. Dans l'opéra "Don Juan", la musique avait à son sens atteint sa plus haute expression dont le domaine essentiel est l'aspect «démoniaque» dans la sensualité de Don Juan. Cette musique, rencontrée au moment même où Kierkegaard cherchait à s'affranchir de la sévère éducation paternelle, notamment sur le plan de l'éros, avait fait sur lui une vive impression. Pensant à la tentation qu'elle fait naître, il peut dire : « ... c'est cet opéra [Don Juan] qui m'a saisi de façon si diabolique que je ne pourrai plus jamais l'oublier ; c'est lui qui m'a chassé, comme fut chassée Elvire, de la calme nuit monastique». Il dit encore la même chose, quoique avec des mots différents, que l'on trouve soulignés à l'encre dans son exemplaire personnel de "Ou bien ... Ou bien" : «Immortel Mozart ! Toi à qui je dois tout, à qui je dois d'avoir perdu la raison». L'expression «perdu la raison» fait certainement allusion aux années 1836-1837 où Kierkegaard essaya de vivre en esthéticien

Olga

Remerciement à Olga et à son site : Musique et poésie Renaissance


Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 11 novembre


© lodace.net 1998 - 2006