Naissance à Eisleben, de Martin Luther, initiateur de la Réforme et du Protestantisme.
Ce fils de paysan (il aimait le souligner) devint rapidement maître en philosophie de l’université d’Erfürt (à 22 ans à peine !). Docteur en Théologie, il s’opposa, au nom de Saint-Paul et du salut par la foi, au scandale du Trafic des Indulgences qui enrichissait nombre de prédicateurs et la Papauté elle-même. Le 31 Octobre 1517, Luther dénonce publiquement le scandale des Indulgences (lisez à ce sujet la Chronique du 31 Octobre 1517) Excommunié après 3 ans de controverse, il brûle à Wittenberg la bulle qui le condamnait. En 1521, il est mis au " ban " de l’Empire par la Diète de Worms. Il se réfugie à Wartburg et y traduit la Bible en Allemand. Marié en 1925 avec une ancienne nonne, Katherina von Bora, il s’oppose ensuite avec force aux anabaptistes (l’aile radicale des Réformés) ainsi qu’aux paysans révoltés qui se réclamaient de ses positions, mais dont la violence contrastaient trop avec ses idées. Il publie avec son collègue, Mélanchton, " les Confessions d’Augsbourg " où sont exposées ses doctrines. Malade et épuisé par sa lutte, il meurt durant l’hiver 1546.
Cam.
Remerciements à Cam
Le 10 novembre 1483 naissait à Eisleben un petit Martin qui devait devenir le
Réformateur. Luther mourut le 18 février 1546 dans sa ville natale. Voici à
l'occasion de sa naissance une lettre de lui.
Lettre de Martin Luther à un ami - Les pieuses ne valent rien. Si l'on en croit
Michelet, traducteur de ces "Mémoires" de Martin
Luther", le
docteur Luther qui passe pour sévère aux yeux de la postérité, aurait été
un
défenseur du mariage, jugeant la compagnie des femmes et des enfants,
indispensable au salut du corps et de l¹esprit : «Quand on aurait le don de
rester chaste dans le célibat, on doit encore se marier pour faire dépit au
pape... Si j'étais mort à l'improviste, j'aurais voulu, pour honorer le
mariage, faire venir à mon lit de mort une pieuse fille que j'aurais prise
comme épouse, et à laquelle j'aurais donné deux gobelets d'argent pour don
de noces et présent de lendemain.» La chair des hommes appartient aux
femmes, mais la piété est affaire d¹homme. C¹est Dieu qui l¹a voulu.
[15..]
Si tu brûles (1), il faut prendre femme (2)... Tu voudrais bien en avoir
une, belle, pieuse et riche. Très bien, mon cher ; on t'en donnera une en
peinture, avec des joues roses et des jambes blanches. Ce sont aussi les
plus pieuses, mais elles ne valent rien pour la cuisine ni pour le lit... Se
lever de bonne heure et se marier jeune, personne ne s'en repentira.
Il n'est guère plus possible de se passer de femme que de boire ou de
manger. Conçu, nourri, porté dans le corps des femmes, notre chair est à
elles dans sa plus grande partie, et à nous est impossible de nous en
séparer tout à fait.
Si j'avais voulu faire l'amour, il y a treize ans, j'aurais pris Ave Schonfeld, qui est aujourd'hui au docteur Basilius, le médecin de Prusse. Je
n'aimais pas alors ma Catherine (3) ; je la soupçonnais d'être fière et
hautaine, mais il a plu ainsi à Dieu ; il a voulu que j'eusse pitié d'elle,
et cela m'a fort bien tourné ; Dieu soit loué !
La plus grande grâce de Dieu est d'avoir un bon et pieux époux, avec qui
vous viviez en paix, à qui vous puissiez confier tout ce que vous avez, même
votre corps et votre vie, et avec qui vous ayez de petits enfants.
Catherine, tu as un homme pieux qui t'aime, tu es une impératrice. Grâce
soit rendue à Dieu !
"Mémoires de Luther, écrits par lui-même", traduits et mis en ordre
par
Jules Michelet, "Le Mercure de France", 1957, p. 214.
(1) A une question posée sur le bien fondé du mariage, il aurait répondu :
"Il est plus facile de supporter la prison que de brûler : je l'ai éprouvé
moi-même. Plus je macérais mon corps, plus je tâchais de le dompter, et plus
je brûlais."
(2) Il écrit cette lettre à un ami qui lui demande conseil pour se marier.
(3) Il donnait souvent à sa femme le nom de "Dominus Ketha" et
commence
ainsi une lettre du 26 juillet 1540: "A la riche et noble dame de Zeilsdorf,
madame la doctoresse Catherine Luther, domiciliée à Wittemberg, quelquefois
se promenant à Zeilsdorf, ma bien-aimée épouse."
Olga
Remerciement à Olga et à son site : Musique et poésie Renaissance
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