LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


9 NOVEMBRE


1918


La fin !

Allemagne et Autriche : Avant même la victoire des alliés, les deux grandes monarchies impériales d’Europe centrale étaient ébranlées : la révolution populaire en Russie a secoué et chassé ses autocrates. Le premier américain Woodrow Wilson refuse de négocier avec les régimes qui « fondent leur politique sur la force ». Le 21 octobre, Charles d’Autriche publie son « Manifeste des peuples » appelant à la constitution de conseils nationaux. Le Conseil national tchèque proclame la république le 28, en relation avec le gouvernement en exil de Tomas Masayk. En Hongrie, le même jour, les émeutes de Budapest portent au pouvoir le Conseil national du comte Karolyi ; la république est proclamée le 16 novembre ; tous les liens avec l’Autriche sont rompus. Dans les Balkans, un mouvement révolutionnaire conduit à la formation d’un Conseil national unitaire des Slovènes, Serbes, Croates : réuni à Algram, il proclame le 1er décembre l’unification et l’indépendance de tous les territoires yougoslaves, à l’exclusion de l’Albanie. Les 10 et 11 novembre, le Kaiser Guillaume II puis l’empereur Charles Ier abdiquent et s’enfuient. Le 9 novembre, la révolution a éclaté en Allemagne, les comités ouvriers et de soldats prennent le pouvoir dans les grandes villes : un nouveau gouvernement est formé par les six Mandataires du peuple. Le 20 décembre, le gouvernement social-démocrate est contraint de céder devant la mutinerie des marins de Berlin, laissant ainsi les mains libres au mouvement communistes des spartakistes.

Vu par Lodace

Défaite de l’Allemagne impériale. Le Kaiser (Guillaume II), qui a entraîné le monde dans la Première Guerre Mondiale ", perd deux couronnes. D’abord celle de l’Empire (du II° Reich) qui devient une République. Ensuite celle de Prusse qui devient un " Lander " de la nouvelle République. Empereur d’Allemagne et roi de Prusse, Guillaume II est le petit-fils de Guillaume Ier et de Victoria d’Angleterre, et le fils de Frédéric III. Après le court règne de son père, il accède à l’Empire en 1888. Il a 29 ans. Très orgueilleux et jaloux de son autorité, il rêve de jouer un grand rôle et de conduire lui-même les destinées de l’Empire. Il renvoie Bismarck en 1890 et choisit comme chanceliers des hommes de second plan (Caprivi, Hohenlohe, Bülow, Bethmann Hollweg), qu’il renvoie dès qu’ils font preuve d’indépendance. Intelligent et conscient de ses devoirs, il manque de continuité dans les desseins et de cohérence dans les décisions ; il cherche aussi des attitudes théâtrales. En politique intérieure, il esquisse tantôt une grande politique sociale, tantôt une lutte sans merci contre le socialisme. En politique extérieure, il cherche à jouer un grand rôle personnel, mais aussi à réaliser la mission historique du peuple allemand. En Europe, il veut se rapprocher de l’Autriche, fût-ce au risque d’un conflit avec la Russie, donc avec la France. De plus, il entend dépasser le cadre européen et déclare en 1896 que l’Allemagne va mener une politique mondiale, en s’appuyant sur la flotte, commerciale et de guerre, dont il préconise la construction ("Notre avenir est sur l’eau", proclame-t-il). Il entreprend des voyages spectaculaires en Syrie et en Palestine en 1898 et à Tanger en 1905. Il tente vainement de détacher la Russie de la France et la France de l’Angleterre tout en affirmant maintes fois sa volonté de paix ; il est avant tout "le seigneur de la guerre", en vrai Hohenzollern. Son attitude de bravade et ses discours belliqueux sont souvent une menace pour la paix. En juillet 1914, il suit l’impulsion de son état-major, qui le pousse à déclarer la guerre à la Russie et à la France. Chef suprême des armées, il abandonne en fait, à partir de 1916, tous les pouvoirs à Hindenburg et Ludendorff. En 1918, son abdication est exigée par Wilson, les masses allemandes voient dans le Kaiser le principal obstacle à la paix. Il envisage d’abord d’abdiquer comme empereur, mais non comme roi de Prusse. Le 9 novembre, les généraux le contraignent à l’effacement total. Le 10 novembre, il se réfugie en Hollande. Le traité de Versailles le déclare personnellement responsable du conflit et prévoit son jugement par un tribunal international, mais le gouvernement néerlandais refuse son extradition. Guillaume II assistera, avant sa mort (en 1941), à l’entrée de l’armée allemande aux Pays-Bas.

Vu par Cam.
Remerciements à Cam


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