LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


8 NOVEMBRE


1226


Décès prude de Louis VIII.

Quand il rentre de la troisième croisade, le roi est malade. La cause en est une dysenterie aiguë qui l'emporte le roi en ce jour à Montpensier. Les médecins, convaincus qu'une trop longue continence sexuelle est la cause du mal du roi, resté fidèle à la reine Blanche de Castille, mettent dans son lit une jeune fille. Lorsqu'au réveil il la découvre, il lui dit : " Non, ma fille, j'aime mieux mourir que de sauver ma vie par un péché mortel. " Louis IX est son successeur.

Lodace

Avènement de Louis IX, à la mort de son père Louis VIII Blanche de Castille, comme il n’a que ans, reste la régente du Royaume.

Né le 25 avril 1214 à Poissy, l’aîné des cinq fils de Louis VIII n’avait que douze ans lors de son avènement, le 8 novembre 1226. La volonté du roi défunt confia à Blanche de Castille l’enfant et le royaume. L’éducation reçue sous la responsabilité de la régente marqua profondément Louis IX : elle alliait les pratiques de piété et les œuvres de charité à un apprentissage très sérieux du métier royal – des lettres à l’art du combat – qui fit du jeune roi le modèle du chevalier chrétien, bon cavalier et vêtu selon son rang, aussi capable de disputer de théologie que de conduire une armée, sachant imposer aux barons sa volonté après avoir lavé les pieds des pauvres. C’est à partir de la croisade qu’une ascèse de plus en plus rigoureuse transforma son aspect, son maintien, sa mise et son mode de vie au point d’ennuyer son entourage et de scandaliser certains de ses sujets qui ne voyaient plus en lui un roi. Si la reine Blanche exerça jusqu’à sa mort (1252) son influence sur le gouvernement d’un royaume dont elle fut de nouveau régente pendant la croisade, la jeune reine Marguerite de Provence, que Louis IX épousa en mai 1234 et qui lui donna onze enfants, fut pratiquement tenue à l’écart par un époux peu enclin aux effusions familiales et par un roi peu désireux de voir les intérêts de la maison de Provence interférer dans la politique française. Le roi n’était guère accessible aux avis des barons de son entourage, confidents plus que conseillers. Mais les religieux – dominicains et franciscains – étaient nombreux autour de lui et exercèrent une influence croissante sur son comportement et sur sa politique, cependant que Charles d’Anjou parvenait, à la fin du règne, à mettre au service de ses ambitions une partie des forces du royaume et le prestige du roi son frère. La politique de Saint Louis est avant tout le reflet d’une certaine morale. N’hésitant pas à recourir à la force, il ne concevait celle-ci que comme l’adjuvant d’une recherche de la paix et de la justice politique dans le respect du droit de chacun et même du droit de ses adversaires. Toute l’action royale était déterminée par des vues eschatologiques, et, si le roi croisé en venait peut-être à douter des bases théologiques de l’idée de croisade, il ne renonçait pas à convertir par les armes l’infidèle et promulguait des ordonnances qui asservissaient les Juifs du royaume et les privaient de leurs moyens d’existence et de leurs possibilités de vie cultuelle. Il faisait parfois passer les intérêts matériels de la couronne après le respect du bon droit, mais, persuadé de la haute valeur du charisme royal, il voyait dans le renforcement du pouvoir monarchique la voie qui lui permettrait d’assurer le salut des âmes. Il ne craignait donc pas de s’opposer au pape et aux évêques de France afin de faire respecter ses prérogatives propres et son indépendance politique et financière. L’homme est donc pétri de contradictions, beaucoup plus sensible à l’analyse de son comportement qu’à la lecture de ces Enseignements qu’il fit rédiger afin de transmettre à ses enfants ses principes de morale politique autant que de vie privée. Mort à Tunis le 25 août 1270, Louis IX fut immédiatement vénéré comme un saint. Boniface VIII le canonisa le 11 août 1297 pendant une accalmie au cours de la lutte qui l’opposa à Philippe le Bel, mais cette décision de circonstance avait été préparée par une longue enquête et un véritable procès de canonisation. Peu d’hommes ont été aussi bien observés et sont aussi célèbres que Saint Louis, et cependant la personnalité de ce souverain est mal connue. L’homme est complexe, son caractère a beaucoup évolué. Son action est souvent paradoxale, sa réputation ambiguë. Il y a le saint, l’homme dont la foi ardente et la piété parfois excessive déroutent ses contemporains, le roi croisé, l’adversaire implacable des derniers cathares parce qu’ils sont rebelles à la foi et rebelles à leur roi, l’arbitre de l’Europe. Bref, l’une des hautes figures de l’histoire de France telle que l’ont vue Joinville et tant d’autres, et une œuvre spectaculaire qu’a retenue l’imagerie. Mais il y a aussi l’œuvre en profondeur, que les contemporains ont moins nettement perçue et que souligne moins facilement l’anecdote. C’est celle d’un souverain énergique et scrupuleux qui joue dans la construction de la monarchie française un rôle décisif et qui, s’il n’était le vainqueur de Taillebourg et le constructeur de la Sainte-Chapelle, n’en serait pas moins, entre son grand-père Philippe Auguste et son petit-fils Philippe le Bel, l’un des " grands Capétiens ", peut-être le plus grand.

Cam.
Remerciements à Cam


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