LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


8 NOVEMBRE


397


Mort de Martin de Tours, qui deviendra vite Saint-Martin.

Gaule : Martin, évêque de Tours, s’est éteint au milieu de ses disciples. Né en Pannonie vers 316, il prend d’abord du service dans l’armée romaine. A cette époque, dit-on, il rencontre un pauvre à qui il offre la moitié de son vêtement (l’autre moitié appartenant à l’armée). Ce vêtement, il l’aurait vu la nuit suivante, en songe, porté par le Christ. Il décide de renoncer au monde et rejoint l’évêque de Poitiers, Hilaire. Il entre dans son clergé, avec le rang d’exorciste. Mais Hilaire est sanctionné pour refus d’obéissance à l’empereur et déporté. Martin part pour l’Italie, puis la Corse. Là, il vit dans la solitude complète. Peu après 360, il regagne la Gaule et s’installe près de Poitiers, à Ligugé. Le mode de vie qu’il adopte alors est celui des ermites orientaux. Bien vite, d’autres ermites le rejoignent. Puis, il rompt son isolement, en 372, en devenant évêque de Tours. Désireux de ne pas trahir son premier idéal, il fonde un autre monastère, sur une île au sud de la Loire, à Noirmoutier. Les moines vivent dans des cellules en bois ou des grottes. Leur discipline est très stricte : jeûnes rigoureux, prières fréquentes, études et travail de « copie ». Le rayonnement de Martin est incontestable. A sa mort, Tourangeaux et Poitevins se seraient battus pour ensevelir le saint évêque dans leur ville respective, grâce qui a échu aux premiers.

Vu par Lodace

Peut-être au hasard d’une garnison de son père, qui était tribun militaire, Martin naît en 316 à Sabaria, en Pannonie (Szombathely, Hongrie). Il passe sa jeunesse à Pavie, en Italie. Déjà, il pense à devenir moine, mais, étant fils de soldat, il doit servir dans la garde impériale à cheval. Cela ne l’empêche pas de pratiquer la vertu : c’est ainsi qu’à Amiens il donne à un pauvre la moitié de son manteau. La moitié car comme tout officier devait payer la moitié de son équipement, il n’a offert que la moitié lui appartenant. Libéré de ses obligations militaires, il reçoit le baptême et va se mettre sous la direction de l’évêque de Poitiers, Hilaire. Mais, en 356, celui-ci est exilé par les hérétiques ariens au pouvoir, et le disciple quitte la Gaule. Il va jusqu’en Pannonie, où il convertit sa mère, puis revient par l’Illyricum, où il lutte contre l’arianisme, ce qui lui vaut d’être battu de verges. Il essaie de mener la vie monastique près de Milan, d’où l’évêque arien le chasse. Il se réfugie dans un îlot de la côte ligure. Apprenant qu’Hilaire est rentré d’exil, il regagne Poitiers et fonde, à Ligugé, un monastère, le premier de la Gaule. La résurrection d’un catéchumène attire l’attention sur Martin, qui devient célèbre dans toute la région. A la mort d’Hilaire, en 367, comme Tours n’a pas d’Evêque, on convoque Martin sous le prétexte d’assister un malade. Contre son gré et contre l’avis de certains assistants, qui trouvent que ce moine a l’air trop misérable, Martin est ordonné évêque le 4 juillet 371. Évêque, Martin veut vivre en moine ; il fonde en face de sa ville épiscopale, de l’autre côté de la Loire, le monastère de Marmoutier. Avec ses moines et ses disciples, Martin entreprend d’évangéliser les campagnes, encore païennes, bien au-delà de son diocèse puisqu’on le trouve à Autun, à Paris, et plus loin encore. Sa méthode est simple : arrivant dans un village, il réunit le peuple, prêche, persuade, démolit le temple et abat les arbres sacrés. Cela ne va pas toujours sans difficultés : un jour, il se laisse attacher à la place où doit tomber un arbre sacré, qu’il détourne d’un signe de croix. Délibérément, Martin reste humble et digne avec les puissants. À la table de l’empereur, il présente la coupe d’abord à un prêtre, par vénération du sacerdoce. Quand il apprend que l’empereur veut exécuter les partisans de l’hérétique Priscillien, il accepte de communier avec eux pour les sauver. On lui reproche de s’être compromis avec des hérétiques, acte de charité qui lui est bien plus pénible que le baiser au lépreux à la porte de Paris. À la fin de sa vie, Martin est attaqué et blâmé par des évêques et des prêtres, qui lui reprochent la simplicité de sa vie, sa bonté pour les égarés, son passé de militaire ; cela le pousse à éviter plus que jamais les assemblées, à son goût trop solennelles, trop tumultueuses et vaines. Un conflit entre clercs l’amène à Candes, au confluent de la Vienne et de la Loire. Il y meurt le 8 novembre 397. Son corps, que se disputent Tourangeaux et Poitevins, est ramené à Tours et enseveli le 11 novembre, jour qui est retenu pour sa fête. Un de ses disciples, Sulpice Sévère, écrit sa vie, et le succès de l’ouvrage vaut à saint Martin une popularité inégalable. Il est le premier qui ait été honoré comme saint sans avoir subi le martyre. Aux temps mérovingiens, la basilique de Tours devient le premier centre de pèlerinage de la Gaule. D’innombrables églises le reçoivent comme saint patron ; plus de cinq cents villages de France portent son nom.

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