LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


7 NOVEMBRE


1913


Les îles de Quémoy et Matsu reviennent à l’administration de Taï-Wan.

Quemoy et Matsu sont les deux principales des petites îles côtières situées à proximité du continent chinois, mais contrôlées par Taiwan située à environ 200 kilomètres. Revendiquées par la Chine communiste et par la Chine nationaliste, elles ont, depuis 1949, servi de symbole à l’affrontement entre les deux régimes. Quemoy, située dans la baie d’Amoy, dont elle contrôle le trafic, n’est qu’à 2 kilomètres du continent. Appelée Jinmen en chinois (Portes d’or), elle ne couvre qu’une surface de 131,7 km2 (175,3 avec les îlots avoisinants). Longue de 18 kilomètres et large de 15, elle comptait 43000 habitants en 1990, auxquels il faut ajouter une garnison. Matsu (Mazu), située à 250 kilomètres plus au nord, au large du port de Fuzhou dont 10 kilomètres la séparent, est plus petite (10,4 km² ; 27,1 km² avec les îlots). Moins peuplée (3150 habitants, plus les militaires), elle est plus aride que Quemoy. Assez rocheuses l’une et l’autre, elles arrivent cependant, depuis la réforme agraire des années 1950, à assurer une production agricole suffisante. L’autre partie des ressources vient de la pêche, surtout à Matsu. L’intérêt de ces îles vient de ce qu’elles représentent au point de vue stratégique et surtout politique. Lorsque les partisans du général Tchiang Kai-chek se réfugièrent dans l’île de Taiwan en 1949, abandonnant le continent, ils gardèrent le contrôle de Quemoy et Matsu et de quelques autres îles. Les troupes communistes prirent pied à Quemoy en octobre 1949, mais furent repoussées. On pouvait cependant imaginer que la résistance des nationalistes dans ces îles ne durerait guère. Mais, lorsque éclate la guerre de Corée en juin 1950, les États-Unis envoient la VIIe flotte dans le détroit de Taiwan, en vue d’empêcher le gouvernement communiste d’attaquer Taiwan, mais aussi pour dissuader le général Tchiang Kai-chek de prendre sa revanche et de débarquer sur le continent. Après de nombreuses passes d’armes avec la Chine communiste, les Américains semblent reconnaître les droits de la Chine sur ces îles. Mais leurs tentatives pour pousser les nationalistes à les évacuer ou à diminuer leurs garnisons ne furent jamais suivies d’effet. Le changement de politique intervenu depuis le voyage à Pékin du président Nixon en février 1972 incite cependant à poser la question de l’avenir de Quemoy et Matsu. Or Nixon a reconnu que Taiwan fait partie de la Chine. Que Taiwan devienne une province plus ou moins autonome de la Chine populaire, ou qu’elle soit indépendante, la question des îles côtières se posera. Juridiquement, il semble en effet qu’elles reviennent à la Chine continentale, qui les a gardées lorsqu’elle a cédé Taiwan au Japon en 1895. En outre, la Chine populaire a décidé en 1958 d’étendre à 12 miles ses eaux territoriales : Quemoy et Matsu se trouvent de ce fait dans les eaux intérieures chinoises. Une réforme constitutionnelle du 7 novembre 1992 a rendu l’administration de Quemoy et Matsu aux autorités civiles taiwanaises (elles étaient auparavant sous juridiction militaire).

Cam.
Remerciements à Cam


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