Naissance à Mondovi dans le Constantinois (Algérie), de l’écrivain Albert Camus (La Peste).
Orphelin de père, Albert Camus commença des études de philosophie (découverte de Nietzsche) qu’il dut interrompre pour raison de santé (tuberculose). Animateur de théâtres populaires, dont le Théâtre de l’Équipe, il publia sa première œuvre, " l’Envers et l’Endroit " (1937), une série d’essais littéraires variés où apparaissent déjà les grands thèmes de sa maturité : la mort, le soleil, la Méditerranée, l’isolement, le destin de l’homme, le rapprochement entre désespoir et bonheur, etc. Dés 1938, Camus exerça une activité de journaliste, d’abord à Alger (Alger républicain, Soir républicain) puis à Paris (Paris-Soir), où il s’installa définitivement en 1942. C’est là que parurent simultanément et dans la clandestinité le roman " l’Étranger " et l’essai " le Mythe de Sisyphe " (1942), deux œuvres remarquées qui exposaient la philosophie de Camus et qui s’inscrivaient dans ce que lui-même appela le " cycle de l’absurde " . Très actif dans la Résistance, à la Libération, il devint le rédacteur en chef du journal " Combat ", et se mit au service des grandes causes humanitaires internationales. Il publie " la Peste " (1947) qui inaugurait le cycle de la révolte et de la solidarité, où s’inscrivent " l’État de siège " (1948) et " les Justes " (1949) mais surtout l’essai " l’Homme révolté " (1951). Ce dernier ouvrage fut à l’origine de la rupture définitive entre Camus et Jean-Paul Sartre, car elle soulignait clairement les divergences entre la pensée du premier et l’existentialisme du second. En 1952, Albert Camus démissionna de son poste à l’Unesco pour manifester sa réprobation devant la passivité de cette institution à l’égard de l’Espagne franquiste. Par la suite, en 1956, il s’engagea de nouveau en tentant d’intervenir en faveur d’une trêve dans la guerre d’Algérie. Ensuite " la Chute " (1956), exprime sa rupture avec l’existentialisme, puis un recueil de nouvelles, " l’Exil et le royaume " (1957). La même année, il reçut le prix Nobel de littérature pour " avoir mis en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des hommes ". Le 4 janvier 1960, en pleine gloire, alors qu’il travaillait à un autre roman, " le Premier Homme " (posthume, 1994), il se tua dans un accident de voiture. L’Étranger (1942), se caractérise avant tout par un style extrêmement neutre. Le héros et narrateur, Meursault, un employé de bureau, y semble "étranger" à lui-même ! Dépourvu de sentiments vis-à-vis des êtres et des situations, il agit comme de manière machinale. La lumière, le soleil, la chaleur semblent être la cause d’une soudaine précipitation des événements : sur une plage, à la suite d’une bagarre, il tue un homme de cinq coups de revolver sans pouvoir fournir lui-même de véritable raison à son acte. C’est précisément dans ce décalage entre l’individu et le monde que se situe la dimension absurde de la condition humaine. L’absurde, réalité inhérente à la condition humaine est le thème central de la philosophie de Camus développa dans un premier temps. Le Mythe de Sisyphe, essai sur l’absurde, aborde cette même idée d’un point de vue théorique : comme Sisyphe, condamné à pousser éternellement son rocher, l’Homme est voué à subir un enchaînement automatique d’expériences absurdes. Mais c’est paradoxalement dans la prise de conscience de cette situation qu’il est libéré car, délivré de toute illusion, il peut alors chercher le bonheur en goûtant le présent. Ainsi, à la fin de l’Étranger, alors qu’il se trouve dans sa prison la nuit qui précède son exécution, Meursault, devenu conscient et libre, profite intensément des derniers instants de sa vie. Même si le monde n’a pas de sens, l’Homme ne saurait se passer d’une éthique ni renoncer à l’action. C’est donc l’engagement que Camus a exploré dans un second temps, en particulier dans son roman la Peste (1947). À Oran, dans les années 1940, des rats porteurs de la peste sont découverts et, dès la mort des premières victimes, les habitants placés en quarantaine et confrontés à leur sort présentent différentes formes de réaction : panique, indifférence, mysticisme ou résignation. Le docteur Rieux, bientôt rejoint par d’autres volontaires, décide de résister. Son petit groupe s’organise alors pour soulager la souffrance et combattre le fléau. Dans ce récit symbolique, la peste est naturellement un emblème du mal sous toutes ses formes. Mais elle agit aussi comme un révélateur qui met l’Homme face à lui-même, l’incitant au renoncement ou à la révolte. La réflexion sur le thème de la révolte, commencée dans la Peste, est développée dans l’essai l’Homme révolté (1951). Camus y explique que la révolte naît spontanément dès que quelque chose d’humain est nié, opprimé. Elle s’élève par exemple contre la tyrannie et la servitude. Parce que la révolte n’est pas un principe abstrait mais l’action nécessairement limitée d’un individu, elle représente, pour Camus, la seule "valeur médiatrice" grâce à laquelle l’absurde peut être provisoirement dépassé
Cam.
Remerciements à Cam
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