LODACE


CELA C'EST PASSÉ UN


20 MARS


1956


La Tunisie indépendante

Les années d’après-guerre furent avant tout celles de la reconstruction. L’effacement du Néo-Destour, le parti dominant, celui de l’indépendance, l’exil volontaire de Bourguiba en mai 1945 permirent à la trêve politique de se prolonger. Mais les nationalistes conservaient leur influence et, dès son retour, en septembre 1949, Bourguiba retrouvait son autorité et sa popularité. Le programme qu’il présentait en avril 1950 visait à restituer aux Tunisiens la gestion de leurs propres affaires ; mais il fut déçu par les propositions françaises. Au début de 1952, il engagea à nouveau le fer lorsque la démission d’un résident libéral, Louis Périllier, parut fermer la voie des négociations.

Une nouvelle épreuve de force commençait. Le résident Jean de Hauteclocque ordonna l’arrestation des animateurs du Destour, tandis que la troupe était chargée du maintien de l’ordre. Cependant, après des mois de marchandages, le gouvernement français finissait par trouver une transaction qui obtenait l’agrément du bey et d’un parti de notables. Mais le Destour persistait dans son opposition. En ville, le terrorisme s’installait ; dans le bled, quelques bandes de fellagha commençaient de battre la campagne. Visiblement la situation se détériorait, tandis qu’à Paris, sous le coup des événements d’Indochine, le gouvernement et l’opinion s’abandonnaient au découragement. C’est alors que la démission du cabinet Laniel, conséquence de la chute de Diên Biên Phu, amenait Pierre Mendès France au pouvoir, le 18 juin 1954.

Dès lors, les événements allaient se précipiter. Après de discrets pourparlers avec Bourguiba, Mendès France fit le voyage de Tunis pour annoncer au bey l’intention de son gouvernement d’accorder à la Régence une autonomie sans restriction (discours de Carthage, 31 juillet 1954). L’essentiel était dit, mais il restait encore à négocier. Les accords qui furent signés en juin 1955 devinrent caducs avant même d’avoir été appliqués. Le Maroc ayant obtenu son indépendance par les accords de la Celle-Saint-Cloud, la Tunisie pouvait prétendre, elle aussi, à son émancipation. Le protocole du 20 mars 1956 abolissant le traité du Bardo reconnaissait l’indépendance totale du royaume de Tunis. Un an plus tard, le bey Lamine était déposé et une république proclamée, dont la présidence revint aussitôt à Bourguiba.

Cam.

Remerciements à Cam


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