LODACE


CELA C'EST PASSÉ UN


15 mars


1894


Il fait sa bombe

Un jeune belge saute sur le parvis de la Madeleine, à Paris, avec l’engin qu’il transportait.

Pauwels est un jeune anarchiste, belge d’origine, qui voulait punir quelques boursiers et quelques patrons d’industrie de leur exploitation sur le monde ouvrier ; ainsi que venger l’exécution d’Auguste Vaillant qui avait lancé une bombe à la Chambre des Députés en décembre 1893.

La période des attentats anarchistes précède en France la Première Guerre mondiale, avec une nouvelle insurrection irlandaise et l’agitation des nationalismes en Europe centrale. L’anarchisme se développe en France chez les disciples de Bakounine regroupés dans une association internationale, à Paris, le 22 mai 1881 ( cinq ans après la mort de leur maître à penser, préconisant la " propagande par le fait "), destinée à affirmer par des actes révolutionnaires les principes anarchistes.

Quelques attentats sont commis contre l’impératrice d’Autriche, le roi Humbert d’Italie, le président des États-Unis, McKinley, aussi inutiles que les attentats manqués contre le roi Édouard VII à Bruxelles et, en 1900, contre les jeunes souverains d’Espagne, le jour même de leur mariage. Des bombes éclatent également à Chicago en 1887 et dans un théâtre de Barcelone en 1894.

Une brève flambée terroriste bouleverse la France. Le cordonnier Léauthier poignarde " le premier bourgeois venu ", le 13 novembre 1893 ( en fait le ministre de Serbie à Paris), ce qui n’était sans doute pas un simple effet du hasard. La même année, une bombe explose dans la Chambre des députés, l’auteur Auguste Vaillant est arrêté et exécuté quelques mois plus tard. Un anarchiste malchanceux, le pauvre belge Pauwels, saute sur le parvis de la Madeleine, le 15 mars 1894, avec l’engin qu’il transportait. Le 4 avril, une bombe explose dans un restaurant et, le 24 juin 1894, le président de la République, Sadi Carnot, est poignardé.

En réalité, l’action anarchiste tendait au noyautage des syndicats ouvriers pour y répandre une idéologie, et non au terrorisme. Mais il est difficile de distinguer l’anarchiste partisan de l’action directe du criminel de droit commun : ainsi François Claudius Kœningstein, dit Ravachol, noyant les crimes les plus odieux – tels l’assassinat crapuleux d’un vieillard, la profanation d’une tombe, des attentats contre divers immeubles – dans l’habituelle phraséologie " révolutionnaire ".

Les Bandits tragiques, appelés aujourd’hui la " bande à Bonnot ", illustrent cette confusion constante : une idéologie anarchisante servant de prétexte à des crimes de droit commun jusqu’à une prise en main orientée par un " réseau de soutien " autour du journal " L’Anarchie ", à la fin de 1911, avec un certain Kilbatchiche, lequel passera plus tard en Russie bolcheviste et connaîtra, sous le nom de Victor Serge, une célébrité d’écrivain révolutionnaire trotskiste.

 


Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 15 mars


© lodace.net 1998 - 2006