LODACE
Le coup de bluff !
Hitler, dans un grand coup de bluff, remilitarise la Rhénanie.
Toujours, ou presque, c’est en matière de politique extérieure qu’un homme d’État donne sa mesure. Hitler, par étapes, méthodiquement, utilisant sans gratitude le terrain préparé habilement par la modération de G. Stresemann, se met en devoir de briser les chaînes du traité de Versailles. Ce sont les dirigeants des démocraties occidentales qu’il met " dans sa poche ", en jouant sur leur crainte légitime de la guerre, en leur tenant avec une émotion de grand comédien le langage de la paix, celui de la Société des Nations de Genève, toujours prêt qu’il est à prodiguer les paroles d’honneur les plus solennelles.
Il envahit la Rhénanie, démilitarisée depuis le Traité de Versailles en 1919 et s’empare sans coup férir de Sarrebrück et de toute la Sarre. C’était une de ses priorités depuis le début de son action politique ; mais ici il joue en grand comédien. Il est d’ailleurs suggestif d’entendre de sa propre bouche, dans la liberté de propos ultérieurs, l’aveu satisfait du coup de bluff décisif que fut ce coup de poker : " J’étais, dira-t-il, obligé de mentir et je fus sauvé par mon inébranlable obstination et un aplomb surprenant. J’ai menacé, si une détente n’intervenait pas immédiatement, d’envoyer six autres divisions en Rhénanie. En vérité, je n’avais plus que quatre brigades. "
Tout le système d’équilibre de l’après-guerre, établi par le Traité de Versailles, est ainsi remis en question et accentue dramatiquement l’antagonisme franco-allemand.
Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 7 mars