Mort à Paris, du mathématicien français, Gaspard Monge
Né en 1746, fils d’un marchand forain, il est éduqué par les oratoriens d’abord au collège de Beaune (sa ville natale), puis au collège de Lyon, où il enseigne dès l’âge de seize ans les sciences physiques. Un officier du génie, qui avait vu un plan de la ville de Beaune fait par Monge à l’aide de nouvelles méthodes d’observation et de construction graphique, le recommande au commandant de l’école militaire de Mézières. Mais il ne peut y être admis à cause de son origine roturière et n’est accepté que dans une annexe technique de l’école. Ses talents scientifiques sont reconnus lorsqu’un jour il dresse le plan de fortifications à l’aide d’une méthode bien plus rapide que les méthodes connues jusque-là. Il est alors admis à l’École militaire comme professeur de mathématiques et continue ses recherches, arrivant à la méthode générale de représentation géométrique connue depuis lors sous le nom de géométrie descriptive. Mais ses découvertes, considérées comme secret militaire de grande valeur, ne peuvent être publiées. En 1780, il vient à Paris enseigner l’hydrodynamique ; il entre aussitôt à l’Académie des sciences, où il fait une communication sur les lignes de courbure tracées sur une surface (problème déjà étudié par le mathématicien Suisse Léonhard Euler en 1760). En 1786, il publie son célèbre " Traité élémentaire de la statique ". Partisan de la Révolution, Monge devient ministre de la Marine après le 10-Août et participe ensuite aux travaux du Comité de salut public, organisant les poudreries et fonderies de l’État, prenant part à la création de l’École normale, où il enseigne la géométrie. Il fonde peu après l’École polytechnique, où il aura l’occasion de donner des leçons de géométrie descriptive et de publier ses travaux, vieux de vingt-cinq ans, mais jusque-là inconnus. Chargé de mission en Italie, Monge rencontre Bonaparte et se charge du recrutement des savants pour l’expédition d’Égypte ; animateur de tous les travaux scientifiques, il est nommé président de l’Institut d’Égypte. Il rentre en France sur le même bateau que Bonaparte, qui lui témoigne autant d’amitié que d’estime et qui lui fait plus d’une confidence sur sa vie privée (par exemple sur l’incertitude où il demeure d’être vraiment le fils de Charles Bonaparte) en de nombreux entretiens durant la traversée. Revenu en France, Monge reprend son enseignement à l’École polytechnique, devient sénateur et est anobli (comte de Péluse). Mais la Restauration le privera de tous ses titres, le rayera de la liste des membres de l’Institut et lui enlèvera son poste d’enseignant. Il meurt le 28 juillet 1918 à Paris. En décembre 1989, ses cendres ont été transférées au Panthéon. L’œuvre mathématique de Monge est considérable. Son ouvrage principal, " Géométrie descriptive " (1800), contient la méthode de représentation plane d’une figure de l’espace par utilisation des projections orthogonales de la figure donnée sur deux plans rectangulaires (plan horizontal et plan frontal de projection) constituant l’épure. Dans cet ouvrage, Monge montre qu’en plus de leurs applications purement techniques, ses découvertes sont une source féconde pour toute la géométrie : ainsi sa méthode subsiste, même si certaines quantités deviennent imaginaires. Cependant, la géométrie descriptive ne représente qu’une partie des nombreux travaux de Monge, pour qui il existe de nombreuses correspondances entre l’analyse et la géométrie et aussi entre l’algèbre et la géométrie.
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