LODACE, CELA C'EST PASSÉ UN


28 JUILLET


1794


Exécution des terreurs

Arrêté sur ordre de la Convention, sa mort met fin au régime de " la terreur " qu'il imposait au pays. Devenu l'un des principaux chefs de la Révolution française. Robespierre avait joué un rôle prépondérant dans la condamnation et l'exécution de Louis XVI. " Es-tu bien Maximilien Robespierre, âgé de trente-cinq ans, né à Arras et ci-devant député à la Convention nationale ?", lui demande-t-on au tribunal révolutionnaire. L'exécution de la sentence de mort est immédiate. Après la mort de Couthon, après celle de son frère Augustin, Robespierre s'évanouit. Pour qu'il ne meure pas avant que justice soit faite, on le couche aussitôt sur la planche de la guillotine. Le couperet tombe. Treize de ses fidèles le suivent. Et soixante et onze encore sont guillotinés dès le lendemain.

Mort sur l’échafaud de Louis Saint-Just, l’un des plus sanglants révolutionnaires, mais aussi l’un de ceux qui " sauvèrent " la Révolution.

Archange de la Terreur ou galopin sanglant ?
Théoricien lucide de la Révolution ou ridicule auteur d’un laborieux pastiche de Rousseau ?
Dernier Spartiate épris de justice sociale ou prêtre fanatique d’un culte de mort ?
" Un monstre mais peigné " dit-on de lui !
" Une lampe dans un tombeau ", ajoute Barrès.
" Sur un piédestal de définitions, il dresse l’indéfinissable ", conclut André Malraux.

Tel apparaît Saint-Just, figure pleine de contradictions élevée au niveau du mythe. Plus encore que Robespierre, il personnifie en effet la Terreur. Sa carrière n’épouse-t-elle pas exactement la phase la plus sanglante de la Révolution, et ses discours à la Convention n’exaltent-ils pas la mystique de la guillotine ? Mais l’admiration se mêle à l’horreur dans la fascination qu’exerce Saint-Just. À l’origine de cette transfiguration, la jeunesse du héros qui meurt sur l’échafaud à vingt-sept ans et la brièveté fulgurante d’une carrière politique de deux ans, le temps nécessaire pour sauver la République de ses périls intérieurs et extérieurs. Fils d’un cultivateur quinquagénaire qui fut chevalier de Saint-Louis en récompense de ses services dans l’armée, Louis Antoine Léon Saint-Just, né le 25 août 1767, à Decize, doit peut-être à cette ascendance les talents militaires qu’il révéla dans ses missions militaires où il sauva l’armée à plusieurs reprises par son sens de la discipline, son talent d’organisateur et son charisme personnel entraînant à sa suite partisan ou adversaire de la Révolution. Député à la Convention en 1792 (il était déjà candidat deux ans auparavant, mais refusé car trop jeune !), membre des jacobins (les durs) il réclame l’exécution sans jugement du Roi Louis XVI. Il prône une République égalitaire et vertueuse. Il poursuit implacablement les " accapareurs " et en fait exécuter plusieurs. Il devient " l’Archange de la Terreur ". La fin de Saint-Just reste une énigme pour l’historien, et sans doute a-t-elle largement contribué à la formation du mythe. Mis dans l’impossibilité, le 9 thermidor, de lire le discours qu’il avait préparé (" Je ne suis d’aucune faction : je les combattrai toutes... " Il n’ira guère plus loin), il assiste impassible à l’offensive des Conventionnels de la Montagne et de la Plaine contre Robespierre et se laisse arrêter sans résistance. Dans la nuit du 9 au 10 thermidor, lorsque les membres de la Commune de Paris insurgée contre la Convention viennent le libérer, il refuse d’abord cette délivrance. À l’Hôtel de Ville, il semble frappé d’atonie. " Oui, c’est moi, ironise-t-il, le dominateur de la France, le nouveau Cromwell ", mais il n’agit pas. Usure nerveuse ? Fatalisme ? Lassitude devant les rivalités incessantes au sein du Comité de salut public (un conflit l’aurait même opposé à Robespierre) ? Saint-Just emporte son secret sur l’échafaud le 28 juillet 1794. Il avait précipité la chute de Maximilien de Robespierre qui mourra avec lui. Quelques jours auparavant, il avait écrit : " Je méprise la poussière qui me compose et qui vous parle ; on pourra la persécuter et faire mourir cette poussière ! Mais je défie qu’on m’arrache cette vie indépendante que je me suis donnée dans les siècles et dans les cieux. "

Lodace/Cam.

Remerciements à Cam

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