Scout toujours !
Premier camp scout, organisé par Baden-Powell (himself) et destiné à remédier aux carences de la formation de ses " éclaireurs ". Si ce n’est pas encore la naissance du scoutisme en tant que tel, ce n’en est pas moins durant ce camp de 16 jours que le " Master " conçut la décision de créer ce mouvement.
Mouvement de jeunesse, qui comprend toutes les associations rattachées à l’Organisation mondiale du mouvement scout, plus celles qui, sans lui appartenir, se réclament de la pensée et des écrits de son fondateur, sir Robert Baden-Powell, lord de Gilwell, le scoutisme se caractérise d’abord par sa fidélité et par une sorte d’identification constante à celui-ci. Officier dans l’armée des Indes, Baden-Powell voulut remédier aux carences de la formation de ses éclaireurs par la publication de fascicules : Aids of Scouting (1899). Leur succès en dehors de l’armée le conduit à appliquer les mêmes principes aux " garçons " : il organise, du 25 juillet au 9 août 1907, le camp de Brownsea, près de l’île de Wright. L’expérience et ses enseignements sont consignés en 1908 dans Scouting for Boys. " Méthode d’éducation visant à former des citoyens actifs, joyeux et utiles ", le scoutisme exalte le sport, la vie au grand air, le goût de l’effort et du commandement. Sans autre présupposé théorique ou doctrinal qu’un code vaguement chevaleresque (Honour is made the high ideal for the boys) incluant la fidélité à Dieu et au roi, il s’étend très rapidement, chacun trouvant son bien dans cette idéologie de l’action, qui se proclame non militaire, non politique et interconfessionnelle. Il compte 123 000 membres dès 1910 pour l’Empire britannique ; trente-deux pays sont représentés au premier " jamboree " (1920), avec l’approbation du roi ; et, en 1926, il recueille les félicitations du président Calvin Coolidge, qui salue dans le scoutisme un élément unificateur de la nation américaine. L’efficacité même du mouvement, autant que son idéal explicitement civique et social, l’engage nécessairement dans l’évolution des idées et des mœurs : son histoire " intègre " les divergences des politiques (qui, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, ont organisé sur son modèle leurs propres associations), celles des autorités religieuses et finalement celles des éducateurs, maintes fois conduits à s’interroger sur les rapports entre morale et société. Le scoutisme français reste largement confessionnel, puisque les Scouts et guides de France (catholiques) groupaient, en 1995, environ 170000 adhérents, contre 36500 Éclaireuses et éclaireurs de France (le mouvement laïque mixte), 8000 membres de la Fédération des éclaireuses et éclaireurs unionistes de France, 4500 Éclaireuses et éclaireurs israélites toutes ces associations étant affiliées à l’Organisation mondiale du mouvement scout. Quantité d’autres n’en font pas partie : Scouts unitaires de France, Cadets de la mer, de l’air et de la montagne, Scouts Saint-Georges, Éclaireurs neutres européens, Scouts Saint-Louis, Scouts et guides Notre-Dame de France, Scouts Baden-Powell de France, Scouts mormons, etc., ni surtout les Scouts d’Europe, que Pery Geraud Keroad fonda avec la volonté d’un " retour aux sources " et qui comptent environ 60000 adhérents (catholiques) dans quatorze pays d’Europe plus le Canada, dont plus de la moitié en France.
Cam.
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