LODACE, CELA C'EST PASSÉ UN


25 JUILLET


1794


Mort d'un poème

Mort sur l’échafaud du poète André Chénier.

Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyr
Animent la fin d’un beau jour
Au pied de l’échafaud j’essaye encor ma lyre.
Peut-être est-ce bientôt mon tour ?
Peut-être avant que l’heure en cercle promené
Ait posé sur l’émail brillant,
Dans les soixante pas où sa route est bornée,
Son pied sonore et vigilant ;
Le sommeil du tombeau pressera ma paupière.

Né en 1762, à Constantinople, d’une mère grecque et d’un père français, il gardera l’influence hellénistique de sa mère. Il suivra dès 3 ans en France de solides études au Collège de Navarre. Sans emploi, sans ressources, il profite de la Révolution pour " s’engager " politiquement. Il lutte avec passion contre la tyrannie Jacobine. Une de ses amies (Camille de Mazan) dira de lui : " Rempli de charme et fort laid, avec de gros traits et une tête énorme, c’est un adolescent fougueux, ardent et comblé ; il vit entre la fureur d’aimer et la fièvre d’écrire ". Sur 9 ans de vie (1781 à 1790) il écrit les " Bucoliques ", les " Idylles " et ses " Elégies ". En 1790, son " Avis au Peuple Français sur ses véritables ennemis " ainsi que l’ensemble de ses articles politiques, très engagés, le désignent au ressentiment de la Convention. Son ardeur agressive le perdra, il mourra guillotiné. Les poètes modernes le revendiquent comme leur précurseur, car dans toute sa poésie comme dans sa vie il enseigne que la Poésie, la seule vraie, engage l’Homme tout entier. Et si elle commence par une perception " virginale " du réel, elle ne trouve son accomplissement que dans le surréel. Elévation du matériel vers l’immatériel, elle naît dans un transport violent et bref, élan spasmodique dont le dernier soupir de " Néère " et le cri rageur des " Iambes " restent deux belles illustrations.

Cam.

Remerciements à Cam


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