LODACE, CELA C'EST PASSÉ UN


14 JUILLET


1790


Le bal !!!

Premier Bal populaire à l’occasion du premier anniversaire de la Prise de La Bastille, à Paris.

Le terme "bal" désigne aujourd’hui soit l’assemblée des danseurs qui se réunissent pour exécuter des danses, soit le lieu même où s’effectue cette réunion. Bal a aussi servi à désigner des airs de danses folkloriques du midi de la France, de tempo vif et de rythme binaire. Aux XIIe et XIIIe siècles, on désignait sous le terme de Bal une danse provençale, vraisemblablement de rythme ternaire, accompagnée d’instruments. Un siècle plus tard, le bal désigne des scènes dansées (bal des Ardents, etc.) exécutées devant un public. En schématisant quelque peu, on dira que le bal est alors au peuple ce que fut le ballet à l’aristocratie : on va voir un ballet en spectateur, on y prend part dans un dessein de coquetterie mondaine (ballet de cour) ; en revanche, on va danser à un bal en tant qu’acteur et le point de vue esthétique n’entre que peu ou pas du tout en ligne de compte. Ici le défoulement l’emporte sur l’expression chorégraphique. Dans l’Europe du XIIIe siècle, les bals populaires fleurissent ; ils ont lieu le dimanche et les jours de fête ; on danse sur la place du village, qui est souvent celle de l’église ; il arrive parfois que l’on danse même à l’intérieur de l’édifice. Encore aujourd’hui, dans certains villages (en Auvergne par exemple), lors de la fête du saint patron local, un orchestre rudimentaire exécute sans arrêt une même bourrée pendant des heures. Pensons aussi à ces danses ininterrompues du carnaval de Rio. Bien souvent, pour ne pas dire toujours, les danses d’origine populaire ont été ennoblies pour entrer dans le ballet de cour et la suite instrumentale (XVIIe-XVIIIe s.) ; ce faisant, elles ont perdu leur caractère mélodique semi-improvisé, et leur rythme ou leur tempo ont même été modifiés. Des danses réputées lascives dans les bals populaires n’évoquent plus rien de tel après avoir été intégrées dans le ballet. Mais l’innovation majeure en matière de bals publics date du 31 décembre 1715, lorsque le Régent ouvrit la salle de l’Opéra de Paris, trois fois par semaine, pour y danser. De nombreux théâtres imitèrent cet exemple au XVIIIe siècle (Comédie-Française, Opéra-Comique, Comédie-Italienne). La Révolution française, en raison de la liesse qui put se donner libre cours, multiplia les bals publics. En 1790, il y avait environ quatre cents bals à Paris. Le Directoire vit le succès du Tivoli, des Folies de Chartres au parc Monceau, du jardin Biron, du jardin Bourbon (Élysée), du pavillon de Hanovre, d’Idalie (rue Marbeuf), salles dont on pourrait suivre la destinée plus ou moins brillante au long du XIXe siècle. C’est au bal Mabille (avenue Montaigne), entre 1840 et 1875, que Chicard introduisit le cancan et que Rigolboche et Céleste Mogador se produisirent. Sous le second Empire, la vogue du bal de l’Opéra battit son plein ; à la même époque apparurent notamment le Pré-Catelan, l’Élysée-Montmartre et le Château-d’Eau. À la fin du siècle, le succès du Moulin-Rouge, du bal Tabarin, du Moulin de la Galette, des bals de la rue de Lappe était éclatant. Avec la fête nationale du 14 juillet, les bals publics de plein air renouèrent avec la coutume du Moyen Âge. Un instrument récemment inventé, l’accordéon (1829), qu’il soit diatonique ou chromatique, y acquit sa renommée, en raison de son caractère expressif propre : il chante une mélodie avec facilité, son système de soufflerie permet tous les accents et toutes les modifications d’intensité, certains mécanismes de combinaisons (accords préfabriqués à la basse) rendent son jeu facile pour qui n’est pas trop regardant. L’accordéon devint l’instrument roi du bal musette (expression née vers 1910 dans les bastringues de Paris et de sa banlieue) ; il remplaça en effet la musette ou la vielle. Ce faisant, il emprunta à leur répertoire notamment la valse qui, des cercles viennois distingués, étendit sa vogue à tous les bals privés ou publics. Au XXe siècle apparurent les dancings et, bientôt, avec l’introduction en Europe de la musique de jazz, ainsi que des rythmes sud-américains (tango, samba, etc.), deux nouvelles sources musicales s’ajoutèrent à la musique populaire de danse. Du bal en famille, à l’occasion d’un mariage par exemple (où la valse chaloupée connaît encore des adeptes chez les vieilles générations), à la danse dans une boîte de nuit où les célibataires en mal de sensations érotiques acceptent ou recherchent les bras d’une entraîneuse, en passant par les bals masqués et les bals travestis, publics ou privés, la fonction de la danse dans le bal répond à de multiples besoins, qui vont du simple divertissement au prélude de l’aventure sexuelle. La forme de défoulement y est plus ou moins précise, la qualité des transgressions plus ou moins accentuée.

Cam.

Remerciements à Cam

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