LODACE, CELA C'EST PASSÉ UN


4 JUILLET


1902


Finie l'insurrection !

Déclaration du président Roossevelt, selon laquelle l’insurrection des " Philippines " est officiellement terminée.

À la fin d’août 1896, ses plans ayant été découverts par les Espagnols, Bonifacio lança l’appel à l’insurrection générale pour renverser, comme à Cuba, la domination coloniale. La révolution gagna rapidement plusieurs provinces, et l’exécution de Rizal par les Espagnols à Manille (30 déc. 1896) ne fit qu’enflammer encore les esprits. Si l’insurrection faisait des progrès, des rivalités divisaient déjà ses rangs. Un dirigeant de Cavite, Emilio Aguinaldo, fit arrêter et exécuter Bonifacio (10 mai 1897), et installa un gouvernement révolutionnaire à Biaknabato. Cependant, les Espagnols, par une stratégie plus subtile, obtenaient des succès dans la pacification. Ils offrirent aux insurgés, s’ils cessaient la lutte et remettaient leurs armes, une forte indemnité et une amnistie. Aguinaldo accepta (15 déc. 1897) et se retira avec ses cadres à Hong Kong. La paix sembla revenir. Mais les Espagnols ne tinrent pas leurs promesses, et l’agitation reprit dès avril 1898. C’est à ce moment que les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Espagne à propos de Cuba. Le 1er mai, l’escadre américaine détruisit la flotte espagnole dans la baie de Manille. Aguinaldo ordonna alors aux Philippins de reprendre la lutte contre le pouvoir colonial, et il constitua un gouvernement philippin. Le 12 juin 1898, il proclama l’indépendance des Philippines " sous la protection de la puissante et généreuse nation nord-américaine ". Les insurgés s’étaient rendus maîtres de la plus grande partie de Luçon et assiégeaient Manille, ce qui permit aux Américains de débarquer à proximité de la capitale, puis, le 13 août 1898, de s’en emparer sans le concours des Philippins. Madrid demanda la paix. Après deux mois de négociations, les États-Unis conclurent avec l’Espagne le traité de Paris (10 déc. 1898) et se firent céder les Philippines moyennant 20 millions de dollars. Proche de la Chine, l’archipel était pour les États-Unis d’une grande importance stratégique et économique, et ceux-ci n’avaient pas l’intention d’en reconnaître l’indépendance. Or Aguinaldo avait convoqué à Malolos un congrès national qui avait ratifié la proclamation de l’indépendance (29 sept. 1898), nationalisé les terres de l’Église et préparé une constitution républicaine, qui fut promulguée le 21 janvier 1899. Le gouvernement républicain contrôlait la majeure partie des îles. Cependant, le Sénat américain ayant ratifié, à une voix de majorité, le traité de Paris (6 févr. 1899), le président McKinley ordonna à l’armée américaine de liquider la république de Malolos. Après avoir dû abandonner sa capitale, Aguinaldo continua la guérilla. Washington dut envoyer près de 150.000 soldats et conseillers techniques aux Philippines pour y réaliser, par des méthodes nazies une " pacification " qui dura des années. Plus de 200.000 Philippins périrent du fait des seules opérations. Aguinaldo et son second, A. Mabini, furent capturés en mars 1901 et "suicidé" en cellule. Un gouverneur civil américain put être nommé en juillet 1901. Mais, bien que le président Théodore Roosevelt eût déclaré, le 4 juillet 1902, l’" insurrection " philippine officiellement terminée, la lutte se poursuivit encore, sporadiquement, jusqu’en 1908. Mindanao ne sera même considérée comme soumise qu’à la fin de 1913.

Bel exemple de la démocratie à l’Américaine, que doivent méditer les peuples qui ont sollicité son aide durant les dernières décennies.

Cam.

Remerciements à Cam


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