Argentine, naissance de Carlos Menem
Né le 2 juillet 1935, dans un petit village de la province de La Rioja, au nord-ouest du pays, d’une famille d’immigrants syriens (les Muni’im), chassée de chez elle par l’oppression turque, Carlos Menem va réaliser une brillante ascension sociale sans jamais craindre de choquer la bonne société. Arborant cheveux longs et patillas, ces larges favoris qui lui mangent le visage, il obtient à vingt et un ans son diplôme d’avocat, avant d’être élu pour la première fois, en 1973, gouverneur de La Rioja. Il subit, à partir de 1976, les foudres des militaires et passe cinq ans sans procès dans les geôles de la dictature. Renouant avec la liberté et un style de vie tapageur (sa participation à des courses automobiles et ses conquêtes féminines défraient plusieurs fois la chronique), Carlos Menem est réélu gouverneur de sa province en 1983, puis en 1987. Sous les apparences d’un séducteur frivole, le dirigeant péroniste sait parler à ses administrés et se poser en défenseur de l’" autre Argentine " face à l’arrogance des porteños, les habitants de la capitale. Durant la campagne électorale, il ne s’est pas vraiment attaché à dissiper les équivoques. Sillonnant le pays au volant de sa " Menem-mobile ", il répétait à l’envi son slogan (" Suivez-moi ") sans préciser où et appelait à une mystérieuse " révolution productive ". Beaucoup redoutaient l’avènement d’un " caudillo " démagogue, masquant le flou de son programme de propos populistes. Alors que le président Menem a presque achevé son mandat, force est de constater qu’il a pour le moins fait montre d’habileté politique dans le traitement des dossiers, de constance dans ses choix, et qu’il a su s’entourer de gestionnaires compétents. Mais depuis quelques années, ses différents avec la justice (divorce ) et le blanchiment de narco-dollars ternissent considérablement son image.
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