LODACE, CELA C'EST PASSÉ UN


26 JANVIER


1824


Le Radeau en deuil !

Mort d'un des tout grands de la peinture, Théodore Géricault l'auteur du " Radeau de la Méduse ". 

Il incarne l'artiste romantique. Sa vie courte et tourmentée a donné naissance à de nombreux mythes.

Né en 1791, dans une famille aisée de Rouen, Géricault étudia dans les ateliers des peintres Carle Vernet (où il fit la connaissance de son fils, Horace) et Pierre Guérin avant de s'inscrire en 1811, à l'École des beaux-arts de Paris. Après avoir échoué au concours du grand prix de Rome, il décida de partir pour l'Italie à ses propres frais. Il fut très impressionné par les peintres de la Renaissance italienne, en particulier Michel-Ange, ainsi que par le maître flamand Pierre Paul Rubens.

Dès le début de sa carrière, Géricault témoigna de qualités qui le distinguaient nettement des peintres néoclassiques de l'école de Jacques Louis David : il choisit en effet de privilégier les thèmes de la vie quotidienne qu'il porta au rang de hauts faits héroïques. Chantre du désespoir et de la souffrance humaine, il devint rapidement le chef de file des peintres romantiques.

Son " Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant " (1812, musée du Louvre, Paris) et " le Cuirassier blessé " (1814, musée du Louvre) relèvent déjà d'une composition audacieuse, et d'une véhémence de la touche et des couleurs que l'on retrouve de façon éclatante dans sa toile la plus célèbre, " le Radeau de la Méduse " (1818-1819, musée du Louvre).

Cette œuvre, inspiré par un fait sordide de l'actualité politique montre les survivants du naufrage du navire " la Méduse ", entassés sur un radeau, à l'instant où un navire, visible dans le lointain, leur fait espérer le salut. La présence de figures directement inspirées des exercices académiques contraste singulièrement avec le réalisme dont l'artiste fait preuve dans l'expression de l'agonie. Ce parti pris (d'autant plus téméraire que la toile est de très grand format) et le choix du sujet (qui condamnait ouvertement la politique du gouvernement) déclenchèrent une vague de violentes polémiques. Ce tableau fut néanmoins très remarqué au Salon de 1819 et entra au Louvre dès 1824.

D'avril 1820 à novembre 1821, Géricault voyagea en Angleterre où il peignit, entre autres, le Derby d'Epsom (musée du Louvre) : à la fin de sa vie, il se consacra au thème du cheval, qui l'avait passionné dès le début de sa carrière. L'animal devint en effet le centre de sa mythologie personnelle, le messager des méditations du peintre sur la passion, la souffrance et la mort. Peu de temps avant sa mort, survenue le 26 janvier 1824, Géricault avait commencé à peindre une série d'études de malades mentaux, les " fous ", qui témoignent de l'intérêt porté par les artistes romantiques à l'expression de la névrose et de l'aliénation. Outre ses peintures à l'huile, il réalisa également des lithographies, des sculptures, rares mais remarquables, et des centaines de dessins.

 


Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 26 janvier


© lodace.net 1998 - 2006