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Naissance à Berlin, de celui qui deviendra un des plus célèbres chefs d'orchestre, Wilhelm Furtwängler.
Né à Berlin, fils de l'archéologue bien connu, Adolf Furtwängler, il fut éduqué par des précepteurs. Il étudia pendant de nombreuses années auprès d'Heinrich Schenker, théoricien allemand influent, avec qui il analysait les partitions.
Le principal poste de direction d'orchestre de sa carrière fut celui de chef du Philharmonique de Berlin, grâce auquel il se fit une réputation pour la puissance et l'expressivité de son approche et pour avoir apporté à la section des cordes un son très riche.
Demeuré en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale en dépit de son opposition au régime nazi, il dut prouver, le conflit terminé, sa bonne foi en raison des soupçons de collaboration qui pesaient fortement sur lui (en 1934, il avait publiquement défendu la musique de Paul Hindemith, mis en cause par les Nazis). Après la guerre, il reprit une carrière internationale.
Dans le monde de la direction d'orchestre Wilhelm Furtwängler fait figure d'exception : plus d'un siècle après sa naissance, il est le seul chef dont les témoignages sonores n'ont connu aucune éclipse, continuant à susciter l'admiration ou à provoquer la discussion. Sa stature, sa démarche d'interprétation, les fonctions qu'il a occupées en ont fait un chef hors du commun. Un peu réticent à l'égard du disque, surtout dans ses premiers temps, Furtwängler a bénéficié des recherches d'admirateurs infatigables qui ont exhumé des enregistrements de concert partout où ils pouvaient se trouver. Tous ces documents ont été " modernisés " et ont connu d'emblée les honneurs de la gravure numérique. Au cur de cette action figurent toutes les sociétés Wilhelm Furtwängler qui ont vu le jour principalement dans les pays occidentaux et qui jouent, en outre, un rôle médiatique non négligeable.
Cette médiatisation de son art, qu'il avait toujours refusée, n'a pas fait pour autant de lui une vedette. Il reste celui dont Fred Goldbeck a dit qu'il était " l'art de diriger fait homme ". Paradoxalement, alors qu'il n'avait pas fait école de son vivant, n'apportant aucun enseignement direct à de jeunes chefs d'orchestre, il semble inspirer la démarche de toute une génération qui a grandi plusieurs années après sa disparition, de Daniel Barenboïm à Simon Rattle, génération qui a su dépasser les problèmes politiques ou les choix d'un répertoire pour recevoir ce qui existe et non supputer ce qui aurait pu exister. L'admiration des jeunes pour ce chef d'orchestre est aussi un élément peu rationnel.
Cam
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