Le mauvais choix !
La mort d'un Chouan, royaliste, opposant féroce de Bonaparte, Mercier-La-Vendée.
Né en 1774, fils d'un aubergiste du "Lion d'Angers", installé à Château-Gontier à l'enseigne de La Boule d'or , Pierre Mercier abandonne ses études de droit pour rejoindre Bonchamps à la "Grande Armée catholique et royale", où il devient chef d'escadron.
Doté d'un rare prestige physique, et déguisant, sous une courtoisie de gentilhomme, une implacable volonté, il impose, en 1794, ses conceptions tactiques aux chouans du Morbihan, organise les tailles de Saint-Billy, modèle de camp retranché. Élu chef d'état-major de l'armée du Morbihan le 16 août 1795, après l'aventure de l'"Armée rouge" qu'il contribue à dégager de l'emprise de Hoche, il obtient la confiance du comte d'Artois, alors à l'île d'Yeu. Puis il se tourne contre Puisaye, qu'il arrête avant de se réconcilier avec lui.
Virtuose de la guérilla, on le nomme Mercier-La-Vendée, car il la connaît mieux que quiconque. Organisateur des enlèvements de fonds publics, des actions de représailles et de la chouannerie des officiers (1798), "superviseur" de la petite marine de chasse-marée commandée par Hermely, il ne rêve que de grandes batailles, discipline les paysans, les "militarise", contribue à l'ordonnance de Georges Cadoudal interdisant le mariage aux hommes de moins de quarante ans. Maréchal de camp et adjudant général depuis 1797, il habille et arme toute la Basse-Bretagne, tout en dirigeant personnellement les Côtes-du-Nord. Aux conférences de Pouancé (sept. 1799), il se prononce fortement pour la généralisation des hostilités.
Adoptant la tactique de la guerre des chefs-lieux, il enlève Saint-Brieuc en compagnie de Saint-Régeant. Il couvre le débarquement de Penlan par le combat indécis de Kerléau-Elven, puis, le premier, lors des réunions de Candé, s'oppose à Bonaparte, bien vu des Vendéo-Angevins : " Il faut combattre le nouveau Cromwell."
Georges Cadoudal passé en Angleterre, il cache les émigrés, les armes et le matériel, puis déclenche les opérations contre les prêtres "soumissionnistes" (réfractaires à la Constitution civile du clergé mais acceptant l'autorité du Directoire), co-dirige la chouannerie à volonté, organise le ravitaillement de la rive gauche et, pour l'exemple, fait tuer l'évêque constitutionnel Audrein.
Au début de 1801, s'étant secrètement assuré le concours des garnisons de Brest et de Belle-Isle, il veut passer en Angleterre pour obtenir un soutien du comte d'Artois. Dans la nuit du 21 janvier, il est surpris par les gendarmes, dans la maison où se reposait son escorte, à La Fontaine-aux-Anges. Il tente de s'esquiver pour soustraire ses compagnons à la police républicaine, mais cible facile, car il est en corps de chemise il est tué par le gendarme Charlopin.
Cam
Remerciements à Cam
Sommaire - Sélection du mois - Sélection du jour - 21 janvier